‹ Antiquités grecquesChapitre 176 sur 567 · AN'Ilnl I ILS HI.I.M.II.I 51 S · texte numérisé non relu

AN'Ilnl I ILS HI.I.M.II.I 51 S

créer des œuvres capables par leur dignité ei leur beauté d'élever ei d'ennoblir les âmes, durent aussi en produire dont la beauté étail d'autre sorte el agissait d'autre façon. Des témoignages constatent que l'altrail donl étaienl parées les images des dieux pouvaient provoquer aussi dans des esprits grossiers des excitations sensuelles '. Si les images de ce genre n'étaient pas en grand nombre, nous n'oserions dire qu'ils fussent bien nombreux non plus les hommes sensibles uniquement aux émotions delà beauté morale. Les effets d'esthétique ne pouvaient être ni très vifs ni très durables sur la masse du peuple; d'autres sentiments et d'autres intérêts devaient bientôt prendre le dessus.

Les plus anciennes statues des dieux étaient, comme on l'a vu, façonnées en bois. Même dans les temps postérieurs, cette matière ne fut pas complètement délaissée. Pausanias cite comme propres à la statuaire l'ébénier, le cyprès, le cèdre, le chêne, le lotus, le smilax, et signale, comme un exemple singulier, l'image d'Hermès en bois de thuya, qu'il avait vue sur le mont Cyllène en Àrcadie 2. On ne choisissait pas toujours les bois les plus précieux ou les plus résistants; souvent on tenait compte de certaines relations entre l'essence de l'arbre et les attributions de telle ou telle divinité. C'est ainsi qu'à Naxos l'image de Dionysos-Bakcheus était taillée dans un cep de vigne, et celle de Dionysos-Meilichios dans un figuier ; on croyait par là honorer d'autant plus le dieu du vin et celui à qui l'on devait la figue 3. Une statue d'Asclépios, à Sparte, était faite d'une espèce d'agnus, qui passait pour être

1. Pline, Hist. natur., 1. XXXVI, c. 5, p.C33 éd. Gronov; Lucien, Awior., c. 13, 15 et suiv., et Imag., c. 4; Athénée, 1. XIII, c. 84, p. 605; /Elien, Var. llist., 1. IX, c. 39; Philostrate, vita Apollonii, 1. VI, c. 40 ; voy. aussi Meincke, ad Phileiu. fragm., p. 409.

2. Le thyon est, suivant quelques. botanistes, ce que l'on appelle l'arbre de vie. Schneider est d'avis qu'il est difficile de déterminer l'essence de cet arbre. Le lotus est le Celtis australis de Linné, dont le bois très dur sert aussi à faire des flûtes. Le smilax est l'if. On peut consulter en général sur ces questions, la dissertation de Schubert ueber die von den yriech. KUnstlern bearbeit. Stoffe, dans le neues Bhein. Muséum, t. XV, p. 84 et suiv.

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