Hérodote, 1. IX, c. 80 et
Il, RELATIONS INTERNATIONALES
semblable, mais on ne saurait dire d'après quels principes on y procédait, quelle était la pari réservée à ceux qui avaienl conquis le butin, quel fonds commun devait être réparti entre ions les combattants. Une seule chose va de soi, c'est que toul ce qui n'étail pas le produit d'exploits individuels, el étail dû aux efforts réunis do l'armée ou d'une division de l'armée, devenail La propriété de tous. De ce butin collectif, le dixième étail consacré aux dieux, une autre portion revenait à l'Etat ', une troisième enfin était distribuée entre tous, niais non pas également. Ceux qui s'étaient le plus distingués recevaient une part d'honneur (âpcaxeTov) qui, surtout pour les chefs, pouvait être très considérable2.
Les villes conquises, qui s'étaient rendues à discrétion, riaient généralement traitées avec beaucoup de rigueur. 11 était établi en principe que le vaincu devenait, avec tout ce qu'il possédait, la chose du vainqueur, qui pouvait en user et en abuser3. Le massacre des liommes valides, la mise en vente des femmes et des enfants, la destruction des villes n'étaient pas des rigueurs inouïes. En cas même de capitulation (ôpLoXoyîa), les conditions étaient souvent fort dures. Tout ce que les habitants de Potidée purent obtenir des Athéniens, au commencement de la guerre du Péloponèse, fut de sortir de la ville suivis de leurs femmes et de leurs enfants, les hommes avec un seul habit, les femmes avec deux, et en emportant une somme d'argent déterminée, après quoi la ville fut repeuplée de colons athéniens 4. Les vaincus, lorsqu'ils n'étaient pas complètement expulsés, étaient dépouillés de leurs biens fonds que leurs vainqueurs se partageaient ; du moins il en arriva souvent ainsi 3. On louait de leur modération ceux qui se bornaient à mettre leurs ennemis dans l'impossibilité de nuire et à leur imposer un tribut. C'est ainsi
i. Hérodote, 1. IX, c. 81 ; Thucydide, 1. III, c. 50 et 68 ; Xénophon, Hellcn., 1. III, c. 3, § 1.
2. Thucydide, I. III, c. 11 ï; Hérodote, 1. VIII, c. 11, et 123 et 1. IX, c 81 ; Plutarque, Alcibiade, c. 7.
:î. Aristote, Polit, 1. I. c. 2, § 16.