‹ Antiquités grecquesChapitre 218 sur 567 · Pausanias, 1. I, c · texte numérisé non relu

Pausanias, 1. I, c

feu éternel qui brûlait dans un grand nombre de temples. Cet usage s'explique par une relation spéciale entre le feu et les attributs de telles ou telles divinités, ou par la croyance que sa nature étliérée le leur rendait particulièrement précieux, et que sa présence dans le sanctuaire était déjà un sacrifice permanent l. Chez les Argiens, des torches enflammées étaient jetées, en l'honneur de Cora, dans une fosse consacrée à celte déesse 2 ; c'était là aussi un sacrifice.

On peut distinguer deux classes de sacrifices, suivant la nature des objets offerts aux dieux : ceux dans lequels le sang ne coulait pas, et qui consistaient en fruits, en gâteaux ou en breuvages, et les sacrifices sanglants, où l'on immolait des animaux que l'on brûlait en tout ou en partie. Des dispositions spéciales et très diverses, que les anciens eux-mêmes étaient embarrassés d'expliquer, réglaient les animaux que l'on devait immoler et les rites suivants lesquels s'accomplissait la cérémonie. Ces dispositions sans doute reposaient, les unes sur l'idée que l'on se faisait des personnes divines, de leurs caractères et de leurs goûts, d'autres sur des circ< instances locales; d'autres enfin étaient dépures fantaisies, ou n'avaient d'autres causes que les calculs des prêtres, intéressés à multiplier les préceptes mystérieux et ;i se rendre par là les intermédiaires inévitables entre L'homme et la divinité. Nous aurons l'occasion plus tard de citer quelques-uns de ces statuts; en ci' moment, nous devons nous borner à rappeler, d'une manière générale, que La pureté était, pour tous Les dieux sans en excepter un, la condition essentielle de La satisfaction qu ils trouvaient dans les sacrifices. A vrai dire, cette pureté fut d'abord toute extérieure. S'il étail interdit d'aborder un homme à qui l'on voulait faire honneur avec des vêtements négligés, de lui tendre une main sale, de placer devant lui une vaisselle malpropre, ces inconvenances ne pouvaient être permises vis-à-vis des dieux, dont on se rapprochait aussi par les sacrifices. Le respect auquel ils avaient droit exigeait un corps net, des mains nettes, des ustensiles nets, des habits

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