‹ Antiquités grecquesChapitre 219 sur 567 · Pausanias, I. Il, c · texte numérisé non relu

Pausanias, I. Il, c

nets; ces derniers étaient généralement blancs. A rentrée du temple, < I « * s vases remplis d'eau bénite avertissaient tes fidèles <|mc toul ce <|ui étail impur devait rester à distance de la divinité1; mais qu'appelait-on pur el impur, el quel étail le moyeu de passer d'un état à l'autre ? Les idées el les prescriptions des anciens étaient, surce point, fort diverses. Nous y reviendrons dans un des chapitres suivants, mais nous devons dès ce moment faire remarquer qu'à la pureté extérieure se rattachai! la pureté intérieure, non moins précieuse pour les intelligences éclairées, qui même l'était davantage. De la part des criminels hors d'état de se présenter dans les sanctuaires avec un cœur pur, les dieux repoussaient les plus riches présents, tandis que les hommes justes pouvaient leur offrir les objets les plus insignifiants, avec la confiance d'être bien venus2. Il y avait des temples où des inscriptions rappelaient cette doctrine; à l'entrée de celui d'Asclépios, on lisait :

Tu dois entrer pur sous ta voûte du temple, et la pureté consiste dans une conscience irréprochable 3.

On attribue à la Pythie cet oracle :

Qui que tu sois, entre avec un cœur pur dans le temple d'un dieu qui est ia pureté même, après avoir touché à l'eau lustrale; car, pour les gens vertueux, la moindre oblation suffit, mais pour l'homme pervers, l'Océan tout entier ne saurait le laver de ses souillures i.

La question de savoir si les sacrifices sanglants ont précédé les autres est sans intérêt au point de vue de l'antiquité grecque. Si, en effet, nous ne pouvons douter qu'il n'y eût un temps où les hommes se nourrissaient uniquement de fruits et de lait et, ne tuant pas d'animaux, ne pouvaient en sacrifier",

1. Polux, 1. VII, 119; yEschine, c. Ctésiphon, § 77; Plutarque, Aristide, c. 21 ; Lucien, Nigrinus, c. 14.

2. Porphyre, de abstinentia Animalium, 1. I, § 19 ; Platon, Leyes, 1. IV, p. 716; Cicéron, de Legibus, 1. II, c. 10.

3. Porphyre, ibid., 1. I, § 19; Clément d'Alexandrie, Stromata 1. V, c. 1, § 13, p. 652, éd. Potter.

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