Anthologia Palatina, 1. XIV, 71 et
5. Platon, Leges, 1. VI, p. 782 ; Porphyre, ibid., 1. II, § ôetsuiv. ; Ovide, Fasti, 1. I, v. 337.
Les sacrifices 283
ce régime avait depuis 'longtemps disparu pour les Grecs, lorsqu'ils se détachèrent de leur souche primitive. Habitués dès lors à une nourriture variée, ils durent offrir les deux espèces de sacrifices. Il n'est pas moins rationnel de commencer par ceux qui ne faisaient pas couler le sang.
Dans cette classe, les premiers à signaler sont les sacrifices qui consistaient en fruits de la terre, offerts aux dieux comme prémices des champs et des plantations. Ils ne s'adressaient pas seulement aux divinités qui présidaient à l'agriculture el à l'arboriculture, comme Déméter et Dionysos, mais à Ions ceux dont on pensait flatter les goûts, en raison de leur paj s d'origine et des attributions ou des préférences qu'on leur prêtait. Ainsi, à Mykalcssos, en Béotie, on apportait sur l'autel d'IIéraklès tous les fruits de la saison1. La Mère des dieux avait coutume de recevoir des plats nommés xépvvj, dont les différents compartiments contenaient des productions de toute espèce : pavots, froment, orge, pois, lentilles, ctc2. Les habitants de Phigâlie déposaient en outre sur l'autel placé devant l'antre consacré à Déméter des rayons de miel et des toisons de brebis avec leur suint, et versaient de l'huile sur le tout8. Dans les Thargélies, on honorait Apollon et Artémis, en ajoutant des pains frais aux prémices des fruits'. Dionysos n'était pas le seul à qui on offrit des pampres et des grappes de raisin; Athéna recevait les mêmes présents, à la fête des Oschophories8. En beaucoup d'endroits, on servait à Apollon et aux Heures les premiers fruits de la terre, après avoir pris soin de les faire'bouillir, coutume d'où a tiré son nom le mois Pyanepsion8; Nous ne devons pas non plus passer sous silence la branche d'olivier entourée de laine, à laquelle on suspendait