II. C'est l'opinion du Scholiaste de Lycophron
2ÎII) ANTIQUITÉS RELTGTEUS1 s
honneur aux habitudes priapiques Bouvenl signalées par les anciens. Comme les Grecs ne mangeaient ni chevaux ni chiens1, les sacrifices dans lesquels Gguraienl ces animaux n'étaienl pas, à vrai dire, des banquets auxquels étaient invités les dieux ; ils avaienl un autre caractère, sur lequel nous reviendrons plus loin.
Parmi les volatiles appartenant à la classe des animaux domestiques, les coqs el les poules sont ceux qui reviennent le plus souvent clans les sacrifices offerts à Asklépios et aux divinités du même groupe ; c'est ainsi que l'on honorait Alexanor el Evamérion, à Titanà, près de Sicyone2. On immolait aussi les mêmes animaux à d'autres dieux, au moins dans les cultes domestiques8. A Sparte, on les offrait en actions de grâces à Ares, à la suite d'une bataille gagnée*. Les oies sont souvent mentionnées comme victimes, mais il paraît qu'elles n'étaient jamais sacrifiées aux divinités indigènes, d'origine purement grecque, et qu'elles ne trouvaient place que dans des cultes importés de l'étranger, comme celui de l'Égyptienne Tsis 5. Il en était ainsi des colombes, en supposant qu'elles aient effectivement servi de victimes, ce que l'on ne saurait même affirmer. Les animaux sauvages tués à la chasse ne pouvaient naturellement être immolés sur l'autel. Les chasseurs se contentaient d'offrir à Artémis une partie de
1. Porphyre, de Abstin. camis, J. 1, c. 14. Chez quelques peuplades barbares, la chair du chien était d'un usage ordinaire (Sextus Empiricus, Pyrrhon. Hypotyp., 1. III, c. 24; Justin, 1. XIX, c. 1). Lorsque des habitants de ces pays séjournaient en Grèce, ils ne renonçaient pas à leurs habitudes, et pouvaient même trouver des imitateurs ; telle est la conclusion à tirer d'un passage d'Alexis cité par Athénée (1. IV, c. 52, p. 161); Anari\us(lbid., 1. VII, c. 16, p. 282) mentionne parmi les animaux comestibles les ânes, les chiens et les renards. Dans certaines maladies, la chair du chien était ordonnée comme un remède.
2. Pausanias, 1. II, c. 11, § 7; voy. aussi les annotateurs de Platon (Pkédon, p. 118).
3. Voy. Wolff, dans ses Notes sur Porphyre, de Philos, ex Oraculis, p. 189.
4. Plutarque, Agésilas, c. 33; vov. aussi Schœmann, Anliq. grecques, t. I, p. 328.
5. Voy. Wolff, ïbid., p. 191 et 192. On peut lire aussi une dissertation du même critique sur les sacrifices de volailles, dans le Philologus, t. XXVIII, p. 188.
leur butin, et c'était un présent plutôt qu'un sacrifice1. On offrait par exemple à la déesse les cornes, les pieds ou la peau du cerf. Si l'on y joignait quelque partie bonne à manger, elle revenait aux prêtres, comme les gâteaux. Le gibier faisait en particulier les frais d'une fête célébrée annuellement à Patrse, en l'honneur d'Artémis Laphria; des sangliers, des cerfs et des chevreuils, voire même des ours et des lions, jeunes le plus souvent, quelquefois aussi adultes, étaient jetés vivants dans les llammes, avec des oiseaux et des animaux domestiques 2. — Les poissons, pour en finir, ne passaient pas en général, chez les Grecs, pour des animaux propres aux sacrifices 3 ; mais cette règle admettait des exceptions. Les Béotiens répandus sur les bords du lac Copaïs péchaient des anguilles fort estimées, qu'ils ne jugeaient pas indignes d'être servies aux dieux, et, dans la saison favorable à la pêche du thon, ils offraient à Poséidon, lorsqu'ils avaient eu bonne chance, le premier ou le plus beau des poissons tombés dans leurs filets4. Priape recevait aussi sa part des poissons pris dans lePont-Euxin8. De même, on sacrifiait à la triple Hécate (Tpfjiopf oç) le poisson appelé TpfyX*] qui, en raison de l'analogie des noms, était censé lui revenir de droit". Certains héros ne dédaignaient pas les offrandes de poissons salés 7.
Cela n'empêchait pas que les victimes par excellence ne fussent partout et en tout temps les animaux domestiques servant à l'alimentation de l'homme : les bœufs, les chèvres, 1rs moutons, les porcs; mais lesquels, entre ces animaux, pouvaient ou devaient être sacrifiés à telle ou telle divinité? les règles sur ces points variaient d'un pays à l'autre, el les prêtres chargés d'en assurer l'exécution ne pouvaient pas toujours en rendre compte 8. Il ne saurail donc être question ici de principes