Plutarque, Aristide, c
La solennité du serment étail relevée encore parcelle circonstance qu'il était prononcé devanl Les autels et dans des lieux consacrés, où I on croyail sentir de plus près la présence de la divinité1. Le Pétroma formé de la réunion de deux grandes pierres, près du temple de Déméter Eleusinienne, dans la ville arcadienne dePhénéos, était un de ces lieux; et, en raison des documents sacrés qu'il renfermait, les serments que l'on y prononçait semblaient particulièrement redoutables \ A Corinthe, les serments les plus solennels étaient prêtés dans le sanctuaire de Palaemon ou Mélicerte ; on était convaincu que celui qui les violait était infailliblement puni 3. Chez les Syracusains, on était conduit, pour prêter serment, dans le sanctuaire des Thcsmophorcs; durant le sacrifice, on revêtait un manteau de pourpre et l'on tenait une torche à la main4. La torche et le manteau étaient des attributs de la déesse qui, prise ainsi solennellement à témoin, était d'autant plus intéressée à punir le parjure.
Enfin, nous trouvons trace d'un acte lié quelquefois à la prestation du serment et qui peut être appelé le jugement de Dieu. Le Dieu, en effet, s'y révèle d'une manière immédiate et saisissante. Ceux qui prêtent serment s'engagent à accomplir un tour de force qui, sans l'appui manifeste de la divinité, entraîne danger de mort. Si donc ils l'accomplissent impunément, c'est la divinité même qui atteste leur bonne foi. Ainsi, àansY Antigo?ie de Sophocle, un des gardiens chargés de veiller sur la dépouille de Polynice, après avoir déclaré qu'il n'ont pas contrevenu aux ordres de Créon, et n'ont pris aucune part à l'ensevelissement du corps, ajoute qu'il sont prêts à tenir dans leurs mains un fer rouge, à traverser la flamme et à rendre les dieux garants qu'ils sont innocents du fait et ne savent qui en est l'auteur5. — La déesse Trj ne pouvait avoir pour prêtresses, dans le temple qu'elle possédait sur les bords duKrathis,en Achaïe, que des femmes n'ayant jamais eu com-