‹ Antiquités grecquesChapitre 266 sur 567 · Antigone, v · texte numérisé non relu

Antigone, v

merce qu'avec un seul homme. Toute femme qui se présentait pour remplir cet office devait prouver qu'elle satisfaisait aux conditions voulues, en buvant du sang- de taureau, breuvage réputé mortel pour celles qui en auraient imposé ». En Sicile, près de la ville de Palika, il existait des sources sulfureuses, consacrées aux dieux Paliques, près desquelles se prononçaient des serments solennels, ceux surtout qui avaient trait à des affaires litigieuses. Il fallait, pour jurer, s'avancer jusqu'au bord des sources et le toucher, après s'être purifié des souillures laissées par les plaisirs des sens ou de la table, On répétait ensuite la formule du serment, sous peine, si l'on mentait, d'être frappé instantanément de cécité ou même de mort. Au rapport d'Aristote, le serment était écrit sur une tablette que l'on jetait dans l'eau, et qui, en cas de parjure, s'enfonçait au lieu de surnager, à la suite de quoi ! le coupable était saisi et consumé par les llammes. Les Paliques et le mode de serment dans lequel ils étaient pris à témoin ne sont pas à proprement parler d'origine grecque. Us appartiennent aux indigènes de la Sicile, gagnés avec le temps à la civilisation hellénique3. Il y avait près de Tyane, ville grecque de la Cappadoce, une source d'eau chaude nommée Asbamason, dont on buvait en prêtant serment; le parjure était frappé d'une maladie grave et forcé de confesser son infamie 4. Dans la Grèce proprement dite, la source arcadienne du Styx, située près de la ville de Nonakris, était aussi une eau consacrée aux serments'. En la buvant, on s'exposait à la mort; ceux-là seuls échappaient qui n'avaient pas altéré la vérité. Cette source paraît avoir été en grande considération dans une

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