‹ Antiquités grecquesChapitre 268 sur 567 · Pausanias, 1. VIII, c. 18, § ï · texte numérisé non relu

Pausanias, 1. VIII, c. 18, § ï

330 \\ l lui LTÉS RELIGIË1 BES

haute antiquité. Plus tard, les hommes p i dirent l'habitude de jurer par le Styx ', et ce serment n'esl plus mentionné que comme étant à l'usage exclusif des dieux ; encore est-il ques^ lion du Styx souterrain qui coulait dans le royaume d'Hadès, non de la source arcadienne. Dans la Théogonie d'Hésiode2. Zeus ordonne à Iris d'aller lui chercher de l'eau du Styx. Les immortels devaient, en jurant, répandre cette eau, vraisemblablement même en boire. Leur punition, s'ils manquaient à leur serment, était de rester toute une année en léthargie, et une fois réveillés, de passer neuf ans hors de- la société des autres dieux.

On a vu déjà dans les précédents chapitres combien les serments tenaient de place dans la vie des Grecs. « Le serment, dit un orateur3, est le lien de la démocratie; l'État, en effet se compose de trois ordres : les personnages constitués en dignité, les juges, les simples particuliers. Le serment est la garantie que chacune de ces classes donne à l'Etat, et il est bon, ajoute-t-il, qu'il en soitainsi, « car on trompe les hommes ; beaucoup de crimes leur échappent, mais le parjure ne peut se soustraire à la vigilance des dieux, et le châtiment, si personnellement il parvient à s'y dérober, retombe sur ses enfants et sur toute sa race. » Il existe un grand nombre d'exemples des serments divers auxquels fait allusion Lycurgue. Nous savons formellement que chez les Athéniens, les magistrats et les membres du sénat étaient assujétis au serment ', et il n'est pas douteux qu'il n'en fût de même dans les autres cités. À Sparte, les rois ne se bornaient pas à prêter serment, en montant sur le trône; tous les mois ils juraient conjointement avec

1. On aurait tort de conclure le contraire, de ce que dit Hérodote, 1. VI, c. 74.

Page 1