‹ Antiquités grecquesChapitre 271 sur 567 · Xénophon, Memorab., I. IV, c · texte numérisé non relu

Xénophon, Memorab., I. IV, c

n'étail pas particulière aux Athéniens. — Le nombre des serments judiciaires prescrits ou autorisés chez cette nation dépassait toute mesure. Au débul du procès, le plaignant attestait la sincérité de l'accusation, et son adversaire celle <le la défense. Devant les tribunaux criminels, le serment était accompagne d'un sacrifice. Les témoins étaient, sinon toujours, du moins le plus souvent astreints au serment; ils ne pouvaient se refuser h déposer qu'en jurant qu'ils n'avaient aucune connaissance de l'affaire ; c'est ce que l'on appelait ï\m\).zv.x. Les parties avaient ensuite le droit de se déférer réciproquement le serment sur les points contestés. Pour les demandes d'ajournement, il fallait aussi affirmer par serment les motifs qui les rendaient nécessaires (ùiuco^ocia). A l'faccopoafa l'adversaire pouvait toujours opposer l'âvôuirw^oaia. Enfin, devant le tribunal du Palladion, qui connaissait des meurtres involontaires, l'accusé mis hors de cause jurait solennellement que les juges avaient bien jugé, et qu'il n'avait rien fait pour égarer leur conscience l. Nous n'avons sur la procédure des autres États que des données fort insuffisantes. Platon, parlant de la Crète, nous dit bien que, d'après les lois de Rhadamanthe, tous les différends devaient être réglés par les serments des parties 2 ; mais nous ignorons combien de temps un pareil usage put se maintenir. — Que la conclusion des traités entre divers Etats dût être accompagnée de serments, c'est là une énonciation qui n'a pas besoin d'être appuyée par des exemples.

Si l'on se demande avec quelle sincérité tous ces serments étaient prêtés et tenus, la réponse, à vrai dire, ne sera pas très flatteuse, au moins pour les temps qui nous sont le mieux connus, bien que l'expression grœca /ides, devenue proverbiale chez les Romains pour désigner la mauvaise foi, ne s'applique qu'aux Grecs de la décadence, qui seuls furent en rapport avec eux, et que la sortie de Cicéron ne puisse, dans sa généralité, avoir la force d'un témoignage 3. Les plaintes

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