‹ Antiquités grecquesChapitre 28 sur 567 · Platon, Leg'es, 1. V, p. 72'J E · texte numérisé non relu

Platon, Leg'es, 1. V, p. 72'J E

car celui qui n'a à ses côtés ni parents ni .unis doil intéresser d'autanl | »l u s vivement les hommes et les dieux. » Ces paroles expriment encore les sentiments qui régnaient aux temps homériques. Seuls, les Cyolopes et les Lestrygons s'altaquenl aux étrangers. Chez les Grecs ce n'esl pas seulement auprès des princes que le voyageur trouve un asile el un appui ; un pauvre homme tel qu'Etant <■ offre de l>on cœur à un mendiant son logis <4 sa table'. Celui à qui aucune autre porte n'esl ouverte, a la ressource d'aller coucher à l'auberge ['nïzyry. Outre le repas pris en commun, on avait coutume d'échanger des présents avec ses hôlcs; souvent même on y joignait des signes de reconnaissance pour les enfants ou les proches, et si grande était la force de ces liens que si des hommes unis par l'hospitalité se rencontraient sur un champ de bataille dans les rangs ennemis, ils évitaient de se combattre3. Plus tard, lorsque les hommes se mêlèrent davantage, les étrangers ne furent pas traités avec moins de bienveillance. « Depuis que Scyron et Procuste sont morts, dit Socrate, personne ne maltraite plus les étrangers 4. » Cela ne veut pas dire évidemment que jamais aucun sujet de plainte ne fut donné à un étranger. Les paroles de Socrate semblent plutôt empreintes d'ironie, d'autant plus qu'il ajoute, quelques lignes plus bas» que les citoyens étant exposés à l'injustice, malgré la protection des lois, les étrangers à plus forte raison ne peuvent se flatter d'y échapper toujours, etque naturellement les hommes animés de mauvais desseins s'adressent à eux de préférence. On ne peut donc douter que les étrangers fussent protégés moins efficacement que les citoyens, mais partir de là pour prétendre qu'ils n'avaient aucun droit à faire valoir, est une exagération manifeste. Pas un État en Grèce ne laissait les étrangers en butte aux vexations, alors même qu'ils appartenaient à des nations avec lesquelles il n'était pas lié par des traités5. Un exa-

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