Voy. Schœmann, Antiq. yrecques, t. I, p
de la position des astres, l'horoscope calculé d'après le thème de la nativité, les jours heureux ou malheureux suivant la position respective des corps célestes, tout ce qui a trait à la divination astrologique était pour les Grecs, durant la période florissante de l'hellénisme, une chose presque complètement inconnue. Hérodote ' signale comme une doctrine étrangère cette croyance des Égyptiens, que chaque jour du mois subit l'intluence du dieu auquel il est consacré, et que du moment où chaque être est venu au monde dépendent sa nature, son sort et la façon dont il doit finir. Hérodote ajoute que des poètes grecs ont fait usage de cette science; il ne nous en est parvenu cependant que de très rares et très faibles vestiges2. Hésiode donne, il est vrai, une liste de jours favorables ou funestes, mais sans indiquer leur relation avec les astres, et les poèmes attribués à Orphée, <>ù sont formulés, en effet, des préceptes astrologiques, appartiennent à des temps postérieurs. Si, dans le nombre, quelquesuns ont précédé le règne d'Alexandre, ce qu'il n'est pas plus facile de prouver que de contredire, il faut reconnaître que la doctrine fit peu de progrès. Ce que l'on enseignait, touchant l'influence des astres sur les phénomènes atmosphériques, et par suite sur les travaux de la terre et sur la navigation, notamment ce qu'en dit Aratus, dans ses AiouYî^eïa, diffère complètement de l'astrologie, qui parait avoir été exercée pour la première fois, en Grèce, par un piètre de Babylone, contemporain d'Alexandre, Bérose. Ce personnage obtint un tel crédit par ses prédictions que les Athéniens lui élevèrent, dans un de leurs gymnases, une statue dont la langue était dorée 3. Depuis, ces pratiques superstitieuses, si elles trouvèrent des adeptes même parmi les philosophes.
1, Hérodote, 1. II, c. 82.
2. Voy. Lobeek, Aglaophamus, p. i26 el 127. L'hymne homérique à \r.'- fa.il allusion, il est vrai, à la croyance astrologique dans la vertu des planètes, dont chacune est gouvernée par un dieu, mais on ne peut poème sans y reconnaître le caractère des prétendus hymnes orphiqui : qui lui assigne une date relativement récente, Eusèbe [Prsepar, evang., 1. VI, c. 1) rapporte des oracles astrologiques, empruntés à Porphyre.
3. Pline, Hist. natur., I. VII, c. 37; Vilruve, I. IX, a. S [2) p. 247, éd. Schneider,
:{;;u antiquités religieuses
curent aussi des détracteurs1, et jamais elles ne s'établireul à L'état de croyance populaire.
La Hiéroscopie, ou divination par les entrailles des victimes, était vraisemblablement aussi d'origine étrangère. Quelque
développement qu'elle ait pris dans les siècles historiques, les poésies d'flomère ne nous en montrenl aucune trace. On \ trouve sans doute «les indications autorisant à croire que l'on tenait compte, dans les sacrifices, des signes qui paraissaient dignes d'attention; ainsi les prêtres, les sacrificateurs et autres devins sont désignés comme gens à qui l'on peut en confiance demander un conseil-; mais ces signes étaient d'une autre nature que ceux auxquels s'attachaient les Hiéroscopes, et rentraient surtout dans le domaine de l'Empy roman tie, dont nous aurons l'occasion de reparler plus loin. Il n'est pas possible de déterminer sûrement à quel âge remonte, chez les Grecs, la Hiéroscopie el de quelle contrée elle leur est venue. Dans .Eschyle, Prométhée se vante de l'avoir enseignée aux hommes 3 ; c'est au moins la preuve que le poète considérait cette science comme ayant été mise en pratique de toute antiquité. D'autres en rapportaient l'invention à Delphos, fils de Poséidon et éponyme de Delphes '*, attribution d'après laquelle on serait en droit de croire qu'avant de se répandre en Grèce, elle^avait cette ville ^pour centre, el que l'autorité de l'oracle n'avait pas été sans influence sur ses progrès. 11 est probable qu'elle avait été apportée à Delphes par les Ioniens ; Poséidon, père de Delphos, fait en elTet songer à cette race. Des rapports essentiels, il est vrai, qui unissaient la Hiéroscopie étrusque et celle des Grecs quelques critiques ont conclu que les Grecs avaient appris cette science des Étrusques5, mais leur conjecture ne parait pas justifiée. Il est très probable que les deux peuples avaient puisé à
t. Cicéron, de Divinalione, 1. Il, c. 42 et suiv.
2. Voy. Schœ:nann, Antiq. grecques, t. I, p. 75; cf., sur les fonctions des toooTcôoi, Dœderlein, Homer. Glossar., III, p. 343, et Ntegelsbach, Homer. Thenlngie, p. 205.