‹ Antiquités grecquesChapitre 281 sur 567 · Yov. 0. Muller, die Etrusker, I. II, p. 18S · texte numérisé non relu

Yov. 0. Muller, die Etrusker, I. II, p. 18S

LÀ DIVINATION X'il

la même source. La divination par les entrailles des victimes était en usage dans l'orient, et rien n'empêche d'admettre que de ces contrées elle se soit répandue en Grèce, aussi bien qu'en Italie

La confiance dans- les présages tirés des entrailles des victimes s'explique naturellement par l'habitude de ne considérer comme agréables aux dieux que les animaux exempts de tout défaut. Celte perfectionne devait pas se borner à l'extérieur, et consister uniquement dans la boratç constitution de tous les membres. Les organes internes fournissaient en partie les morceaux qui devaient être consumés sur l'autel: on était d'autant plus disposé à leur donner de l'importance. S'y trouvait-il quelque chose d'anormal, d'incomplet ou de défectueux, on se demandait si un tel sacrifice pouvait être agréable à la divinité, si par cela même que le choix était tombé sur un animal sans prix, ou que les entrailles avaient été soudai nement atteintes durant la cérémonie, car cela non plus ne semblait pas impossible, le Dieu ne témoignait pas assez qui1 repoussait la victime et refusait de s'associer aux desseins de celui qui l'offrait '. Une fois la confiance aux indications de la Uiéroscopie établie sur cette base, on ne tarda pas à entrer dans des détails plus précis et plus minutieux. Les adeptes distinguèrent les différentes parties des intestins, et les anomalies que pouvait présenter chacune d'elles. < hi réunit dans des recueils les observations et les conséquences probables à en tirer, si bien que l'on finît par construire une école consacrée à la Uiéroscopie, dont les subtilités n'étaient connues que des adeptes, quoique certains principes rendus vulgaires permissent à tout le monde de distinguer si les victimes répondaient ou non aux conditions voulues. Le foie était le plus important des viscères, non pas seulement parce que l'on pouvait d'un coup d'œil en constater l'état pathologique, mais surtout parce qu'il était considéré comme l'organe essentiel, etque le sang, conducteur de la vie. était censé s'y former, pour se répandre de la

t Cicéron, de Divinul., i. 1. c. 52, et 1. Il, c. 15,

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dans le reste du corps1. Ivs mentions les plus fréquentes portent sur les lobes du foie; leur absence ou quelque particularité dans leur conformation était prise soit en bonne

soit en mauvaise part2. On observait aussi curieusement les portes, c'est-à-dire les vaisseaux places à rentrée du foie3. Enfin, on examinait sa couleur, sa surface plus ou moins lisse, et tous les accidents qu'il pouvait présenter. Après le foie, venaient la liqueur qu'il secrète, le cœur, la rate, les poumons. Tous les indices que fournissaient ces divers organes avaient des noms particuliers, souvent incompréhensibles pour nous, et qu'il ne vaut pas la peine de citer ici, de même qu'il est inutile de relever tant d'autres singularités de cette science compliquée , et de rechercher ce qui, en dehors des entrailles, était encore un sujet d'observation. Bornons-nous à remarquer que l'on ne faisait pas indifféremment servir à cet usage toutes les espèces d'animaux. Le gros et le menu bétail, bœufs, vaches et veaux, béliers, brebis et agneaux, sont ceux dont il est le plus souvent question. De l'île de Chypre vint la coutume ^d'interroger aussi les entrailles des pourceaux. Il ne parait pas qu'on l'ait fait jamais pour les chiens'. Cet examen n'était pas jugé nécessaire à tous les sacrifices: lorsqu'il s'agissait simplement d'une substitution symbolique, pour les sacrifices expiatoires par exemple, et pour ceux qui accompagnaient les serments, on pouvait s'en dispenser. 11 en était de même toutes les fois que l'on ne se proposait pas directement d'éprouver les dispositions bonnes ou mauvaises des dieux ; on n'allait pas cependant, dans ces circonstances, jusqu'à négliger les signes qui se révélaient spontanément. Il semble même que les gens superstitieux ne laissaient passer aucune occasion d'interroger le sort, mais ce n'était que dans

1. Cicéron, de Natura Deôrum, l. Il, c. 55; Pollux, 1. II, c. 213 ; voy. aussi Bœttiger, Kunstmythol., t. I, p. 76 et suiv.

2. Xénophon, Hellen., 1. III, c 4, § 15; Plutarque, Cïmon, c. 18 ; Polyen, 1. IV, c. 20 ; cf. Stallbaum, dans ses Notes sur le Timée de Platon, p. 71 C.

3. Pollux, 1. 11,250; Bœttiger, ibid., p. 78. i. Pausanias, 1. VI, c. 2, § 5.

les entreprises importantes, en particulier dans les opérations militaires, que l'on s'adonnait spécialement^1 aux pratiques de la Hiéroscopie, soit que l'on franchît les frontières, que l'on traversât un fleuve \ que l'on embarquât l'armée, ou que l'on se préparât à livrer bataille. Les rois Spartiates, lorsqu'ils entraient en campagne, avaient soin d'emmener un certain nombre d'animaux, afin d'avoir toujours sous la main les sujets nécessaires 2, et toutes les armées grecques étaient accompagnées d'un ou de plusieurs devins, que l'État adjoignait au général, ou qu'il laissait à son choix. Rarement le général se décidait à l'attaque, tant que les signes n'étaient pas favorables. A la bataille de Platée, les flèches des alliés dos Perses avaient déjà causé des pertes sensibles dans les rangs des Grecs, lorsque les sacrifices donnèrent des signes de bon augure qui permirent enfin àPausanias de s'opposer à leurs progrès s. Si les indices étaient [défavorables, on renouvelait l'épreuve autant de fois que cela était nécessaire, ou l'on suspendait l'expédition en vue de laquelle avait été accompli le sacrifice". Les devins en crédit devaient, d'après cela, exercer une influence considérable sur les dévots. On ne se dissimulait pourtant pas que leurs pratiques pouvaient couvrir des supercheries. Xénophon5 fait initier Cyrus aux mystères de la Hiéroscopie, pour ne pas le laisser à la merci des devins, suspects d'interpréter les signes dans un sens tout autre que le véritable6. En fin de compte, le chef d'armée était toujours maître de consulter les devins quand et comme il lui plaisait de le faire, et de mesurer l'importance qu'il lui con-

1. Yoy. dans Hérodote (1. Vf, c. 7(3) le passage où il est question d'un sacrifice offert au dieu du fleuve Erasinos. :.'. Pausanias, 1. IX, c. 13, § i.

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