Hérodote, I. Y, <•. i-:i
8. Pausanias, ibid.\ voy. aussi Lobeck, Vglaophamus , p. 300, el M. Schmidt, dans la Zeitschrift de Kulin, t. IX. p. 361.
368 AM loi MIS RELIGIE1 SIS
d'oracles sibyllins étail placé sons la garde de l'Etat, pour rire consulté dans 1rs occasions importantes. Si l'usage de ces collections n'étail pas général chez les Grecs, plusieurs exemples prouvent au moins qu'il ne leur était pas étranger. Les Pisistratides en conservaient une dans l'Acropole, qu'ils abandonnèrent en fuyant, et qui, trouvée par le roi de Sparte Cléomène, fui transportée à Sparte1. Les Spartiates possédaient en outre un recueil contenant au moins des oracles pythiques, dont les rois avaient confié la garde aux Pythiens ou Poithéens2. Dans un fragment d'Euripide, il est question, probablement à Argos, d'un grand nombre de livres remplis de sentences dues à Apollon Loxias». Le faux prophète de Lucien, Alexandre, consignait les réponses de son dieu, dans un livre où il était suspect de remplacer celles que l'événement n'avait pas confirmées par d'autres mieux en rapport avec les faits '*. 11 est permis même de supposer que, ailleurs aussi et longtemps auparavant, il y avait eu des exemples de cette fraude pieuse. En dehors des recueils officiels, confiés à la vigilance de l'Etat ou des prêtres, il y avait une quantité de collections privées, dont les possesseurs expliquaient tant bien que mal la provenance, et qui leur fournissaient des réponses à l'usage des croyants. A ces diseurs de bonne aventure appartient surtout le nom deyprpyaXôyoi, bien que souvent aussi on désigne par là ceux qui n'allaient pas chercher leurs prédictions dans les livres, mais qui se donnaient eux-mêmes pour inspirés (6sof/.âvTsiç) et puisaient leurs révélations dans un commerce direct avec la divinité5. C'était le cas d'Amphi- Ivtus que Platon rapproche de la Sibylle et du Bakis. Lorsque Pisistrate retournait d'Érétrie dans l'Attique, Amphilytus se plaça sur son chemin, et sous le coup d'une inspiration divine, Ivôsà&ùv- comme dit Hérodote, lui adressa une sentence