CHAPITRE ONZIEME
Les sanctuaires dans lesquels les oracles étaient rendus au nom de la divinité par la voix ou du moins sous la direction des prêtres étaient appelés fjiavTeïa ou ypfc-r^.z. Le premier de ces mots désigne surtout le siège de la puissance prophétique, Le second évoque de préférence l'idée du parti que, dans un tel lieu, Thomme peut tirer de l'appel fait à la sagesse divine \ La réponse que l'on obtenait s'appelait aussi u,avréîov, mais plutôt encore ypr^j.ic. Ce dernier mot s'applique toutefois plus particulièrement aux oracles que le Dieu faisait entendre par la bouche d'un prophète inspiré, et qui d'ordinaire revêtaient la forme poétique \
Hérodote raconte que Crésus, voulant éprouver quelle confiance était due aux plus célèbres oracles, envoya des députés dans les temples do Delphes et d'Abae, pour consulter Apollon, ;i Dodone, pour avoir sur les mêmes questions l'avis de Zens, à Argos dans le sanctuaire d'Amphiaraiïs, à l'antre de Trophonius, auprès du dieu des Branchides que l'on appelait aussi
1. Xp^aOatTto 0î(;>. Par suiteon disait du dieu : â Beb« -/y>:. Chez Homère, le verbe est souvent employé dans ce sens, mais on ne trouve ni j(pt]o-(i6î ni -/p-rçoT^piov. Les premiers exemples de ce dernier mot se trouvent dans un fragment des Eoées d'Hésiode, cité par le scholiaste de Sophocle (IVocWniermes, v. 1174, n° 80 de l'édition de Gœttling), et dans les Hymnes homériques à Apollon il'- Dêlos (v. si), // Apollon Pythien (v. 36) et passim.
2. Scholiaste de Thucydide, I. Il, c. s. il est reconnu que l'assertion du
scholiaste : Xôyiâ Èttc xà Tiapà xoû Ôeoû XeyôjiEva xaTaXoydcSr,v, -/p^a^oi 5è
oitive; è(j.jj.£Tp.<.)ï XéyovTou, esl sans Fondement. Voy. les remarques de Poppo sur un autre passage de Thucydide, I. III, c. 2, p. 37.
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Vpollon, à Milet, et jusqu'en Lybie, dans le temple d1 Immon '. Ce dernier oracle esl en dehors de nos études ; le récil d'Hérodote prouve que les autres étaienl les plus considérables de la Grèce, mais ils n'étaienl pas les seuls. Il en existail an grand oombre qui ne nous sont connus que de nom : les noms mêmes de quelques-uns nous échappent. Nous disposerons par groupes ceux dont nous sommes en mesure de parler, en commençant par les oracles verbaux, dans lesquels des prophètes possédés du Dieu, énonçaient les réponses aux questions qui lui étaient posées. Nous passerons ensuite a ceux qui manifestaient la pensée divine à l'aide de signes. Parmi ces signes, nous distinguerons ceux qui se produisent sans l'entremise de l'homme, c'est-à-dire les phénomènes naturels, et les accidents provoqués d'une manière artificielle, par exemple à l'aide des dés et des sorts. Les révélations faites à l'intérieur des sanctuaires par les rêves et |les apparitions nocturnes forment une troisième classe d'oracles. Enfin, on en peut distinguer une quatrième, à savoir les réponses aux questions adressées non plus aux dieux, mais aux âmes des morts2.
Autant que nous pouvons en juger, les oracles de la première espèce, c'est-à-dire ceux qui rendaient des réponses verbales, étaient presque tous placés sous l'invocation d'A-