‹ Antiquités grecquesChapitre 321 sur 567 · Servius, ad JEneid., 1. IV, v · texte numérisé non relu

Servius, ad JEneid., 1. IV, v

8. Lucien, bis Accusatus, c. 1; Servius, ibid., v. 144; Lucain, 1. VI

Parmi les oracles qui prédisaient l'avenir par les signes, le plus considérable est celui de Zeus, à Dodone, en Epire. Homère est le premier qui en rende témoignage : « Zeus, s'écrie Achille, toi qui veilles sur cette Dodone lointaine, empire des hivers, où veillent à Tentour tes Hypophètes, les Selles, qui ne purifient jamais leurs pieds et couchent sur la terre...1 » Mais où était située cette Dodone? C'est une question qui, déjà douteuse dans l'antiquité, l'est encore pour les modernes2. Quelques critiques la plaçaient en Thessalie, aux environs de la patrie d'Achille, et voulaient qu'elle fût la métropole de celle qui fleurit plus tard en Épire. Le Catalogue des vaisseaux mentionne en effet une Dodone thessalienne, mais comme d'ailleurs aucun document ne constate en Thcssalie l'existence d'une localité ainsi nommée, et comme le Catalogue, interpolé et remanié par les rhapsodes sous des influences diverses, jouit d'une autorité médiocre 3, il n'y a pas lieu de rejeter de prime abord l'hypothèse d'après laquelle Achille aurait eu en vue la Dodone d'Épire. C'est évidemment de celle-ci qu'il est question dans l'Odyssée, à l'endroit où le poète raconte qu'Ulysse s'est rendu à Dodone pour demander au Chêne touffu l'avis de Zeus sur son retour à Ithaque1. Il est très douteux que l'épithète yxj.x^jnx:, qui couchent sur le sol, appliquée par Homère aux Selles, doive donner, comme on l'a supposé, l'idée d'une divination tellurienne '.

v. 425; Virgile, Enéide, 1. III, v. 90; Théodoret, Hist. eccles., 1. III, c.2i. Voy. aussi WolfT, de noviss. Oracul. wtate, p. 17 et 18.

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