‹ Antiquités grecquesChapitre 342 sur 567 · Darnascius, dans Pholius, p. 1061, éd. Hœschel · texte numérisé non relu

Darnascius, dans Pholius, p. 1061, éd. Hœschel

CONJURATIONS ET SORTILÈGES il 7

souillure, brûler de l'encens et répéter des prières. Au moment où l'on fait semblant de bercer la pierre, on entend sortir la voix d'un enfant. Il faut prendre garde de le laisser tomber, car il se mettrait en colère. Une fois que l'on s'est servi de ce talisman, on le lave de nouveau, et l'on s'aperçoit que peu à peu la vie l'abandonne1. Ce mode bizarre de sortilège fut introduit aune époque relativement récente, lorsque c'en était déjà fait de la Grèce, et fut toujours pratiqué en Asie plus qu'en Europe. Chez les Grecs, la Tbessalie fut de bonne heure un foyer de sorcellerie, entretenu surtout par des femmes. Dans les Nuées d'Aristophane, le vieux Strepsiade propose d'acheter une enchanteresse thessalienne, pour faire descendre la lune du ciel2. Pareil tour de force est souvent attribué aux femmes de cette classe et de ce pays, si bien que le nom de Thessalienne était devenu synonyme de sorcière, de même que celui de Chaldéen s'appliquait à tous les astronomes. Nous savons déjà, par l'exemple d'Empédocle qui se piquait d'habileté en ce g-enre, que certains hommes avaient le don de disposer des éléments; on cite à Corinthe des àvspioxotTai qui se chargeaient de calmer les tempêtes3. L'Eole d'Homère a reçu de Zeus le pouvoir de les apaiser et de les exciter à son gré. Par l'outre qu'il donne à Ulysse, il faut entendre sans aucun doute un moyen magique de tenir les vents passagèrement enchaînés. A Méthana, en Argolide, on conjurait le vent du sud-ouest, qui soufflait pendant la floraison de la vigne el en desséchait les grappes. Voici comment on s'y prenait: On tuait un coq tout blanc et on le partageait en deux ; deux hommes, portant chacun l'une de ces moitiés, couraient en sens contraire autour du plant, jusqu'à ce qu'ils fussent revenus au point de départ, et là ils enterraient les restes du coq \

Page 1