Diodore, I. XVII, c
7. Tacite, A.nnales, I. IV, c. 14; Plutarque, Cimon, c. 8; Diodore, 1. XVI, c. 23 et 29. Voy. aussi Lebas, Voyage krchM., t. III, a" I.
internationales pussent être déférées à un tribunal énergique et impartial, nous ne trouvons aucune trace de l'action qu'aurait exercée I»' Conseil amphictyonique. Cette impuissance s'explique en partie par l'inégalité des forces et l'égalité des droits. Athènes ou Sparte étaient trop prépondérantes pour se soumettre à une assemblée dont la moitié des membres représentaient des populations sans autorité réelle, qui ne jouissaient pas même de leur indépendance politique et étaient plus ou moins subordonnées aux Thessaliens. La politique des deux grandes cités sur laquelle se réglait en grande partie celle des autres Etats, suivait ses voies particulières, et il n'était guère possible aux Amphictyons de les en détourner. C'est pourquoi le Conseil se bornait d'ordinaire jà des objets insignifiants qui ne pouvaient heurter les intérêts des grandes puissances, c'est-à-dire en général aux affaires qui concernaient le temple.
Les assemblées amphictyoniques avaient lieu régulièrement deux fois par an, à l'automne et au printemps ; on se réunissait à Delphes et aux Thermopyles, ou plus exactement à Anthéla. Il ne paraît pas que de ces deux centres de réunions, l'un eût été plus exclusivement affecté aux assemblées d'automne, l'autre à celles de printemps; il est beaucoup plus probable que, à chaque convocation, les délégués siégeaient d'abord à Anthéla, puis à Delphes * . Il y avait aussi des réunions extraordinaires2. Chacune des douze nations envoyait deux ambassadeurs, qui portaient le titre de Hiéromnémons, c'està-dire administrateurs des choses sacrées. Leurs noms étaient
1. Voy. Schœniann, Antiq. Jur.publ. Gr., p. 391/4. Cette conjecture est confirmée non seulement par les inscriptions de Delphes qu'a fait connaître Curtius et sur lesquelles on devra consulter le Bulletino di Correspond, archeol., 1844, p. 32, mais aussi par l'Epitaphios d'Hypéride, récemment découvert. On y lit en effet, après la mention de la victoire remportée par Léosthène, près de Thermopylse (col. 8, 25.) : à?ixvov[j.£VOt yàp ol "EXXvjveç a7tavTe<; SU toO EvtooiTOÛ ôtç v/)v IlvXaîav (lewpcu yevYJcrovTO» twv epyiov TwvTisupayiJilvwv aOtoîç, ce que n'eût pu dire Hypéride, si les Amphictyons ne s'étaient réunis deux fois à Thermopylse. Arn. Schœfer a déjà remarqué que l'on doit lire dans Harpocration s. v. IluXaîa t 8d Se 8\çêyiyveTO avvôSoç twv 'Ajiçixtuôvwv eiç TlûXa; (Si; pour Tiç).
2. Voy. yEschine, c. Ctèsiphon, p. 517, où le Conseil est convoqué à Thermopylse.
LES AMPHICTY0NIES 39
tirés au sort ; du moins, cela se passait ainsi chez les Athéniens, durant la guerre du Péloponèse1. Ils n'étaient pas nommés à vie, mais seulement pour l'année ou peut-être pour une^ période amphictyonique de cinq ans \ Entre les divers Etats appartenant à une seule et même race, il s'était établi un roulement, d'après lequel chacun envoyait des délégués, et il paraît que les cités les plus puissantes, comme l'était Athènes parmi les Ioniens, avaient sur les villes secondaires cet avantage que leur tour revenait plus souvent; peut-être aussi se faisaientelles représenter à chaque session, tandis que les cités de moindre importance alternaient entre elles. Les Hiéromnémons avaient pour subordonnés les Pylagores dont chaque État fournissait plusieurs. Ainsi Athènes envoyait trois Pylagores et un Hiéromnémon3. Les Pylagores étaient élus et avaient sans aucun doute pour mission d'assister et de conseiller le Hiéromnémon, d'autant plus que ce représentant, désigné au hasard, pouvait bien ne pas offrir toutes les garanties requises. Les Pylagores pouvaient donc suivre les assemblées et prendre part aux délibérations, ce qui leur permettait d'exercer une influence considérable; toutefois quand on en venait aux voix, les Hiéromnémons avaient seuls le droit de suffrage4. C'était aussi un Hiéromnémon qui présidait les séances, dirigeait les débats et faisait procéder au vote. Nous ne savons comment était nommé le président, ou si chacun l'était à son tour, suivant un ordre fixé d'avance5. Des inscriptions postérieures font aussi mention tY^opx-p'J., qui vraisemblablement n'étaient autres que les Pylagores ; cependant il est dit qu'ils avaient non pas seulement le droit de siéger, mais aussi celui de voter6. Il est hors de doute que
i. Aristophane, les Nuées, v. 619.
2. Voy. Schœmann, Antiq. Jur. puhl. Gr., p. 392, et Droysen, ucher die Ecktheit der Urhunden in Demosth. Rede v. Kranz, p. 57.