‹ Antiquités grecquesChapitre 482 sur 567 · Voy. ci-dessus p. 53-69 et · texte numérisé non relu

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CULTES OFFICIELS El SOLENNITÉS REL1G1E1 SES o89

de vue théologique et mythologique, mais aussi dans la pratique du culte, pour laquelle il était primé ailleurs par d'autres divinités. L'Arcadie et la Crète se vantaient toutes deux de lui avoir donné naissance ; c'était, il est vrai, un honneur que se disputaient plusieurs autres pays, sans trouver toutefois la même créance auprès des autres populations de la Grèce. Les fables de la Crète étaient les plus généralement répandues, si bien que les Arcadiens se virent forcés d'en emprunter un grand nombre et même de transporter chez eux les noms de plusieurs localités '. Le principal sanctuaire de Zeus, en Arcadie, était situé sur le mont Lycteon, près de Lycosoura, où l'on célébrait en son honneur une solennité appelée Lycaea. Le nom de Lycseon, bien qu'il fit allusion, dans l'origine, à la présence des loups qui infestaient la contrée, pouvait aussi désigner la hauteur lumineuse que l'on se représentait comme le séjour du dieu du ciel. Dans l'enceinte sacrée qui dominait la montagne, et où ceux qui y pénétraient perdaient leur ombre, s'élevait un tertre servant d'autel. Sur le devant étaient deux colonnes qui recevaient les premiers rayons du soleil et que surmontaient deux aigles dorés. Seuls les prêtres pouvaient franchir le seuil de l'enceinte ; ils accomplissaient sur cet autel des sacrifices mystérieux, et à certaines époques, immolaient des victimes humaines, coutume qui existait encore au temps de Pausanias 2. Aux Lycœa, se rattachaient aussi des concoui 's, dans lesquels les vainqueurs recevaient, à la place de couronnes ou d'argent, des objets précieux de toute espèce '. On ne sait a que] moment avait lieu la fête : il est probable qu'elle ne revenait que tous les neuf ans. — D'une autre fêle en honneur chez les Tégéates, nous ne savons que le nom, EUaria; elle était consacrée à Zeus Klarios et avait lieu fous les ans sur une hauteur voisine de la ville. On ne sait au juste d'où vient le nom de Klarios ; on l'expliquait par le tirage au sort, cuire les fils du roi Arcas, des différentes contrées de L'Arcadie.

1. Voy. Schœmann, d< Jouis incunabulis, dans iesOpusc, t. II, p. 250.

2. Pausanias, 1. VIII, c. :'>s, § t'. et suiv. Voy. aussi plus haut, p. 311.

3. Scholiaste de Pindare, Olymp.s VII, v. 153. Cf. Xénophon, Anabasê I. I, o. i', § 10.

•i. Pausanias, 1. VIII, c. 53, g 0 et LO; cependant d'après /Eschyle fJes

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Les fêtes Cretoises, autant que l'on eu peut juger, étaient surtout .<l«'s allusions aux mythes concernant la aaissance el l'enfance de Zeus, son mariage avec I" Terre féconde et sa mort. Ces mythes expriment assez clairement les attributions naturalistes du dieu, dont la force génératrice se manifeste par les alternatives des saisons, correspondant aux phases de son existence. Les événements de sa vie'étaient représentés, dans des scènes dramatiques, comme cela se passait ailleurs pour des mythes analogues, mais ces drames n'avaient pas le caractère de mystères abordables seulement aux initiés, et étaient exposés à tous les regards \ Nous ne sommes pas cependant en mesure de les décrire ; tout ce que l'on sait c'est que les Curetés y jouaient le principal rôle, comme gardiens du dieu nouveau-né, et dansaient bruyamment autour de son berceau, au son des cymbales et des tambourins. Ils paraissent avoir été, dans le principe, les personnilications des orages printaniers qui accompagnent le réveil de la nature et que l'on attribuait à des démons chargés, non pas de combattre et d'anéantir les principes de la vie, mais au contraire de les voiler, pour les mieux défendre contre les forces ennemies des puissances hivernales2. Aussi ces démons étaient-ils rangés en Crète au nombre des divinités que l'on prenait à témoins des serments solennels \ Les Curetés étaient représentés sous la forme d'hommes jeunes et robustes, ce que semble d'ailleurs indiquer leur nom. Leurs rôles étaient joués dans la fête par des prêtres ; de là est venu qu'eux-mêmes ont été considérés faussement comme les plus anciens prêtres de Zeus. Bien que les représentations ayant trait à la naissance de Zeus et les danses des Curetés fussent des cérémonies publiques dont tout le monde pouvait être témoin, il n'est pas impossible cependant qu'il s'y soit mêlé des actes secrets, auxquels on n'était admis que

Suppliantes, v. 345), Zeus Klarios est le dieu qui règle tontes les chances des mortels, o Ttâv-ra •jtâtn %Xr,pà>v y.où xpaivwv, suivant les expressions du Scholiaste. Sur les jeux célèbres àTegée en l'honneur de Zeus, et d'ailleurs complètement inconnus, voy. Bœckh. Corpus Inscr. gr.3 t. I, p. 700. i. Diodore, 1. V, c. 77,

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