‹ Antiquités grecquesChapitre 494 sur 567 · Philostrate, Heroica, c. 20, S 24, p. oit, éd. Didot · texte numérisé non relu

Philostrate, Heroica, c. 20, S 24, p. oit, éd. Didot

3. Scholiaste d'Euripide, Hécube, v. 887: Schol. d'Apollonius, 1. 1. v. 609.

A. Weleker (Trilogie, t. I, p. 218) rattache avec raison à celte fête la circonstance mentionnée par Photius que les Cabires furent transportés hors de l'île, à la suite du crime commis par les Lesbiennes. Les Cabires de Lemnos, dont nous n'avons pas à rechercher ici les rapports avec ceux de la Samothrace, étaient certainement des dieux du feu, fils ou compagnons d'Héphaïstos; il était impossible par conséquent qu'ils séjournassent dans l'île, après que tous les feux avaient été éteints.

l'époux d'Aphrodite ; il est vraisemblable, bien que les preuves manquent, que ce rapprochement n'était pas seulement une invention poétique, et reposait sur des croyances populaires répandues dans quelques localités'. D'après l'opinion générale d'accord avec les faits , le culte d'Aphrodite avait été apporté en Grèce de l'Orient. Aphrodite est la grande déesse de la nature en vénération chez les races sémitiques. Le ciel était son séjour, mais son action s'étendait partout où les sexes s'unissent dans l'amour et par leur union engendrent la vie. Des divinités marquées du même caractère ne manquaient naturellement pas à la religion indigène des Grecs ; la Dioné d'Epire offrait de grandes analogies avec l'Aphrodite asiatique, qui est souvent représentée comme sa fille, en particulier chez Homère ; mais nulle part l'amour sexuel n'a tenu plus de place que dans le culte emprunté par la Grèce à l'Asie. On racontait que, dès la plus haute antiquité, un roi nommé Porphyrion avait transporté la religion d'Aphrodite en Attique, dans le dôme Athmonon, et lui avait élevé un temple \ Le nom de Porphyrion indique assez l'origine phénicienne de ce culte 3. Plus tard, le roi /Egée accueillit la Déesse dans la capitale et, à partir du moment où son lils Thésée eut soumis la contrée à l'unité politique, Aphrodite fut universellement honorée sous le surnom de IIâv:r(;j.;r ; : elle avait, à ce titre, un temple sur l'ancienne Agora, où se réunissaient les assemblées générales du peuple ". Solon, lorsqu'il jugea convenable au but qu'il se proposai! d'établir des maisons publiques, pour satisfaire et régler à la fois les désirs grossiers, rattacha indirectement cette institution au culte d'Aphrodite, en lui attribuant le revenu de la prostitution, ou même en faisant servir cet argent à la construction d'un temple placé sous l'invocation d'Aphrodite Paadémos8,

1. Peut-être celte croyance existait-elle eu particulier a Lemnoa; o'esl du moins l'opinion de Preller (Griech, Mythol., t. I, p. 117).

Page 1