‹ Antiquités grecquesChapitre 528 sur 567 · Voy. Schœuuann, intiq. grecques, t. I. p · texte numérisé non relu

Voy. Schœuuann, intiq. grecques, t. I. p

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Il n'arrivait pas plus souvent aux Grecs qu'à nous de tuer de gros animaux pour les besoins d'une maison particulière. <>n se fournissait au jour le jour chez le boucher, •/.::'..-'■'•/ r.-. car il n'esl pas douteux que cette industrie existai dès lors '. Nous laisserons indécise la question de savoir si le boucher offrail lui-même une partie des viandes en sacrifice; mais lorsque la bête étail tuée à l'intérieur d'une habitation particulière, on ne pouvait guère s'en dispenser. Ordinairement, ce n'était pas le chef de la famille qui se chargeait lui-même de l'exécution; il laissai! ce soin à des valets, s'il en avail d'assez experts, cm il louait un homme du métier qui accomplissait en même temps la cérémonie religieuse, au nom du maître *. Ce n'est que dans îles cas exceptionnels, lorsque, par exemple, on célébrait une fête de famille, que le chefpouvail prendre part à celle besogne. —En semblables circonstances les dieux domestiques n'étaient pas oubliés, alors même que les actes religieux auxquels on se livrait s'adressaient à d'autres divinités, lesquelles variaient suivant le caractère do la fête. Dans les noces qui, partout en Grèce, étaient accompagnées de cérémonies religieuses, il n'est guère fait mention des dieux domestiques; il est cependant difficile de croire que leur pensée ne fût pas présente, que la nouvelle mariée ne se plaçât pas sous leur garde ; mais, par cela même que la chose allait de soi, il n'esl pas expressément question de ces exercices intérieurs de piété el l'on ne parle que de ceux qui se pratiquaient ouvertement. Les rites n'étaient pas partout les mêmes. Le particularisme des populations grecques se montrait en cela comme dans le reste. D'ailleurs nous ne possédons des détails à peu près complets qu'en ce qui concerne Athènes; nous sommes

1. Machon, cité par Athénée, 1. XIII, c. 43, p. 580 : Pollux, I. Vit c. 25; Scholiaste d'Aristophane, Vax, v. 364; Hésychius, s. v. xdnw)Xa. T dans Stobée, Florilegium, tit. V, p. 10 (p. 139, éd. de Leipsick), appelle

meheries [layetpeia.

2. Dans Athénée (1. XIV, c. 78, p. 659), Olympias recommande à son fils Alexandre un cuisinier qu'elle dit fort entendu en ce qui concerna les sacrifices domestiques. Le chapitre entier d'Athénée prouve que les naye^pot

it 6uTixîjçg|j.tteipoi. On lit aussi dans le même compilateur (c. 80, p. 661, v. il) le passage suivant du poète comique Athénion : xaTapxquteô' r|jj.eTç oî naYetpoi, 9uo(jisv, airavSàç 7totoûfi.£v. Cf. ihi>I.,\. IV, C 70, p. 170,1. IX, ".. 29, p. 382, el Babrius, Fab., 2\ et 51.

réduits pour les autres États à quelques indications insuffisantes.

Le mariage est généralement représenté par les Grecs comme un achèvement, tîa;ç, et les dieux qui président aux unions conjugales sont appelés 6=01 ziXeioi. Ces mots n'entraînent pas, à vrai dire, l'idée d'un acte religieux, d'un sacrement; ils signifient seulement que le mariage est le complément obligé de la vie, et que l'existence d'un célibataire n'est qu'une demi-existence \ Par là, toutefois, les Grecs reconnaissaient de façon assez nette pour qu'on ne puisse s'y méprendre que le mariage n'est pas seulement une institution humaine, qu'il est de fondation divine, placé à ce titre sous la surveillance et la protection des dieux 2, bien que la pratique ne répondît pas toujours à la théorie. Cet accord, en effet, fut plus rare peut-être chez eux que chez nous ; leurs législations, notamment, soit qu'elles ne se proposassent pas un but aussi élevé, soit qu'elles n'eussent pas la même confiance dans la vertu inhérente à La loi, s'appliquèrent moins que la plupari des Législations modernes à encourager les bons sentiments el à réprimer les mauvais procédés.

Les cérémonies religieuses qui précédaient Le mariage étaient désignées par le nom général de izpoxiXeix \ elles avaient lieu la veille et peut-être même commençaient plusieurs jours auparavant :|. Elles consistaient surtout en prières et en sacrifices adressés aux divinités dont la bénédiction devait Le plus porter bonheur au ménage, et qui, pour cette raison, étaienl appelés ôeol -,- y.-j.ï, Xioi. Au premier rang était placée liera, qualifiée plus souvent qu'aucune autre déesse de Y«[AY)X(a ou ■l'y.y.rl'/.rl ; après elle viennent Artémis, à qui, ainsi que

1 Scholiaste de Pindare, Néméennes, X. v.23; Hésychius, s. v. «poTÉXeia C'est à tort que Ruhnkenius, dans ses Notes sur Timée, p. 325, el Bœtl Kuntsmythol . , t. II, p. 252, émettent une opinion contraire.

2. Voy. Nœgelsbach, Griech. Volhsglaube, p, 274, et surtout Las

zur Gesch. und Philos, der Ehe bei den Griechen - de

l'Académie de Bavière, L85i, ptail. Cl, t. VII, I1" part.

3. Suivant Hésychius, s. v. yâjiwv ïftr\, cette cérémonie s'ac .il la veille. On peut conclure d'un passage d'Euripide Iphigénv à Au lis, v. 70'J qu'elle comprenait plusieurs jours; voy» aussi Becker, Çhariklès, t. III, p. 298.

nous l'avons vu déjà, Les Athéniens consacraient leurs jeunes filles sous le nom dapxxc(, cl les Parques, Moïpai '. D'autres divinités encore sont désignées ; la liste d'ailleurs n'était certainement pas la même dans Ions les pays el varia avec le temps. Ainsi beaucoup d'entre les Athéniens invoquaient avant le mariage Uranos el la Terre*, ou bien les Tritopatores, représentés comme des puissances cosmogoniques et Les auteurs de la race humaine, à qui l'on demandait de rendre les unions fécondes 3. Dans d'autres contrées, Zeus Téleios était mis aussi au rang des divines nuptiales '*, ainsi qu'Aphrodite, à qui sacrifiaient les fiancées d'Hermioné % et dont le nom avaitété donné comme surnom à liera par les Spartiates : enfin, à Ilaliartc et ailleurs encore, on invoquait l'assistance des Nymphes \ Chez les Athéniens, la fiancée était conduite par ses parents à l'Acropole, dans le temple d'Athèna Polias, où l'on oll'rait un sacrifice à la Déesse, en lui demandant de bénir l'union que l'on allait contracter s. A Trézène, les jeunes filles consacraient leur ceinture9 à Athêna honorée sous le nom d'Apaturia, c'est-à-dire comme protectrice des Gentes et des Phratries, et déposaient une boucle de leur chevelure

1. Pollux, Onomast., 1. III, c. 83. .-Eschyle (Euménides, v. 946, éd.

Hermann) attribue aussi aux Parques une part dans le bonheur domestique. Antoninus Liberalis (Fub. I) parle d'un sacrifice accompli par les jeunes fiancées dans le temple d'Artémis, à Céos. A ce que nous avons dit plus haut, p. 560, de la consécration des jeunes Athéniennes à Artémis Brauronia, nous ajouterons que cette cérémonie ne s'accomplissait pas nécessairement à Brauron ; elle pouvait avoir lieu aussi dans la ville, où il existait sur l'Acropole un temple d'Artémis Brauronia, et même dans la presqu'île de Munychie ; voy. Welcker, Gcetterlehre, t. I, p. 570.

2. D'après Proclus, dans ses notes sur le Timée de Platon, p. 711, éd. Schneider ; voy. cependant aussi Welcker, ibid., p. 327.

3. Suidas, s. v. ; voy. aussi Preller, MythoL, t. I, p. 318, et plus haut,

4. Diodore, 1. V, c. 73. Une inscription gravée sur un des sièges du théâtre à Athènes : UpÉw; Aih; teasi'ov poo^jyou, monlre qu'il en était ainsi dans cette ville. L'épithète jSovÇ-jyr,; rappelle l'expression à'ooio; -ï!Suv dans Plutarque (Prsec. Conjug., c. 42); voy. à ce sujet la noie de Wyttenbach.

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