Plutarque. Sympos. Qusest., 1. V, c
daient réclamaient aussi le bénéfice de l'Ekécheirie, mais il s'en fallait que la trêve fût reconnue avec la môme unanimité, et par cela même les fêtes, quel que fût d'ailleurs leur éclat, n'obtenaient pas la même considération. Les plus célèbres entre ces solennités étaient les Panathénées et les Eleusinies chez les Athéniens; les Hérakleia ou les Iokeia, chez les Thébains ; les Ilénea ou les Hécatombœa, chez les Argiens; les Hérotidia, à Thespies ; les Aianteia, les Delphinia et les Iléraea, chez les /Eginètes; les Gérsestia et les Aramynthia, dans l'île d'Eubée; les Lycaea, les Aléa?a et les Koreia, en Arcadie ; les Diocleia, les Pythia et les Néméa, chez les Mégariens; les Théoxénia, les Ilernuea et les Pythia chez les Sicyoniens. On voit d'après cette énumération, qui est loin d'être complète, qu'il y avait des Pythiques et des Néméennes ailleurs qu'à Délos et à Némée. On signale encore des Pythiques à Céos, à Milet, à Pergame et dans d'autres villes de l'Asie. De même nous trouvons des Olympiques en Macédoine, dans l'Asie Mineure, ailleurs encore. Les Isthmiques avaient aussi des homonymes dans diverses localités. Toutes ces fêtes reproduisaient en petit celles dont nous avons tracé plus haut les programmes.
Nous ne pouvons abandonner ce sujet sans ajouter quelques mots sur la signification et l'importance de ces solennités, en particulier sur la partie de la fête qui, tout en n'étant que l'accessoire des cérémonies religieuses, tenait cependant la première place dans la pensée des Grecs. Jamais les processions, les chœurs et les sacrifices n'auraient, sans les jeux, attiré de toutes les contrées delà Grèce un pareil concours de pèlerins. Les esprits habitués à envisager les choses du point de vue moderne peuvent s'étonner que des exercices qui étaient la glorification de la force et de l'adresse corporelle lissent partie intégrante de fêtes religieuses, mais on le comprend en se mettant à la place des Grecs, pour lesquels le développement des forces et des aptitudes physiques n'importait |>as moins que celui des facultés intellectuelles au perfectionnement de l'humanité1. Socrate faisait un devoir à l'homme de