‹ Antiquités grecquesChapitre 77 sur 567 · Philostrate, de Gymnast,, p · texte numérisé non relu

Philostrate, de Gymnast,, p

souvent une issue mortelle. On ne peut s'en étonner quand on songe que les poings des combattants étaient enveloppés de lanières, garnies elles-mêmes de bossettes en métal. Comme si ce n'était pas assez de ces armes meurtrières, il y eut des exemples de sauvagerie : Damoxénos de Syracuse qui, dans les fêtes de Némée, se trouva opposé à Kreugas d'Epidamne, a laissé sous ce rapport un nom céièbre '. Le combat était resté longtemps indécis ; on convint que chacun des deux adversaires assènerait un coup à l'autre comme il voudrait. Kreugas le premier frappa Damoxénos à la tète; Damoxénos lui ordonna alors de lever le bras, ce que Kreugas ayant fait, Damoxénos le frappa au flanc d'une telle force que sa main plongea dans le corps et qu'ayant saisi les entrailles il les tira au dehors et les arracha. Les juges blâmèrent l'action de Damoxénos comme contraire à la loi des jeux et décernèrent le prix à Kreugas, tout mort qu'il était, mais il n'est pas dit que le meurtrier ait été puni. Un pancratiaste, Arrachion, étant serré au cou par son adversaire, parvint à lui écraser un doigt du pied et à le forcer de demander merci, mais Arrachion, quand il fut dégagé, était déjà mort2. De telles scènes étaient certainement de rares exceptions ; elles prouvent néanmoins que le pugilat et le pancrace, réputés en eux-mêmes les exercices les plus dangereux, étaient aussi ceux qui dégénéraient le plus facilement en actes barbares.

S'il nous faut, en finissant, caractériser l'influence que les grandes solennités durent exercer sur la conscience des Grecs et sur le fonds commun de leurs sentiments, nous ne nous refuserons pas à contresigner les apologies des anciens ni même celles des modernes '. Il est bien vrai que les Grecs pouvaient, en ccsoccasions, se sentir les enfants d'une même-patrie, unie, malgré ses divisions par les liens du culte, de la langue et des mœurs, recherchant les mêmes biens, jouissant avec la même ardeur de ces belles et grandes choses inconnues aux Barbares, et dont le germe ne pouvait se développer en dehors

t. Pausanias, 1. VIII, c. 40.

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