Voy. O. Millier, die Lorier, t. I, p
5. Hérodote, 1. VI, c. 92 : les Argiens imposent une amende aux Sicyoniens pour avoir violé leur territoire, et les Sicyoniens se soumettent à la sentence.
Grecs, nous trouvons aussi entre les diverses cités des alliances passagères, non une fédération durable. Les villes de la Crète s'associaient, en cas de besoin, pour repousser les invasions des ennemis ; ces associations de circonstance étaient appelées o»y*.çrtv.7niq i ; mais nulle part il n'y a trace d'une ligue générale. Tout se bornait à des traités par lesquels certaines cités moins puissantes se rattachaient de gré ou de force aux états plus considérables2. Le synchrétisme avait cependant établi une sorte de lien; à quel moment l'usage en fut-il introduit? on ne saurait le dire. Nous trouvons aussi trace dans le 111e ou le n° siècle av. J.-C. d'un xotvo&buov, c'est-à-dire d'une cour de justice, appelée à juger les différends entre les états3, sans qu'il soit possible de fixer les conditions dans lesquelles elle fonctionnait. — En ce qui concerne les colonies de l' Asie-Mineure, nous pouvons affirmer tout d'abord qu'il n'a jamais existé de fédération entre les colonies éoliennes. Les six villes doriennes honoraient en commun Apollon, sur le promontoire Triopique, et ces solennités pouvaient donner occasion à des délibérations touchant les affaires politiques; mais il n'y avait pas encore là de fédération proprement dite, non plus qu'entre les populations ioniennes qui célébraient ensemble les Panionies en l'honneur de Poséidon Iléliconien. Bien que des députés (icpéôou^oi) aient été chargés en plusieurs occasions de débattre les intérêts généraux dans le sanctuaire du Dieu ;, le lien qu'avaient établi ces fêles était fort peu étroit, et les villes ioniennes ne se firent pas faute d'entrer en hostilité les unes contre les autres. Le conseil donné par Thaïes d'établir à Téos un gouvernement central, chargé de veiller aux affaires communes, vis-à-vis duquel les différentes cités se comporteraient comme les dômes envers leur capitale, de manière à former un état fédéral, non pas seulement une fédération d'états, ce conseil, dis-je, ne trouva pas d'écho5. La dépendance où, depuis Cré-
1. Xénophon, Hellen., 1. III, c. 2, § 23 et 30, et I. VI, c. 5, § 2.
2i Plutarque, de frai, Amore,c. 19.
.">. Voy. Schœmann, Antiq. grecques, t. 1, p. 342.
4. Polybc, I. XXIII, c. 15, $ i; Corpus Inscr. Grsec., n° 2556, \. 58.