LE8 EXAGÉRÉS DE L'ANTISEPSIE
ticiper à renseignement que par l'intermédiaire du téléphone !
A cette même époque, âge d'or de l'antisepsie, les opérateurs, le corps entièrement rasé et couvert d'un émail facile à désinfecter, les orifices naturels soigneusement obturés avec du coton stérilisé, respireront dans un masque de verre en communication directe avec des flacons laveurs placés dans la cour de l'hôpital î
Gardons-nous de ces écarts, faisons le nécessaire, mais ne discréditons pas la plus belle des conquêtes chirurgicales en la rendant irréalisable à force de complications.
l'antisepsie a l'abmée
Un chapitre bien intéressant à ajoutera ceux qui précèdent, est celui qui traiterait la question de l'antisepsie dans les armées. Il ne manquerait pas, en tous cas, d'actualité, à une époque où les nations dites civilisées n'attendent que l'occasion d'essayer les unes sur les autres les redoutables engins qu'elles préparent depuis des années. Il importerait, en effet, de savoir si nous sommes aussi bien préparés à panser les soldats qu'à les écharper ; mais, malgré mon désir d'aborder un sujet aussi palpitant, je devrai, vu le cadre de cet ouvrage, me borner à en dire quelques mots.
Le progrès antiseptique ne pouvait rester l'apanage exclusif du civil, la chirurgie militaire devait à son tour en faire large profit.
Mais si, comme nous l'avons vu, les pratiques de la nouvelle méthode mirent de longs jours à pénétrer parmi nous, il était facile de prévoir que leur adoption dans les sphères administratives des armées, serait entourée de mille obstacles.
Avant de bouleverser l'ancien régime, il fallait que le nouveau offrît des garanties non seulement de supériorité, mais encore de stabilité exceptionnelles.
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Des bons résultats obtenus au civil devait-on conclure à ceux que fournirait la méthode transportée dans les régiments?
Grosse question pleine d'inconnu !
Les progrès furent lents.
Loin de moi la pensée d'accuser nos confrères de l'armée de rester sourds aux idées nouvelles; mais, enserrés comme ils le sont forcément dans un filet administratif à mailles parfois très étroites, ils ne pouvaient manquer de se heurter à des résistances de diverses natures.
On ne transforme pas du jour au lendemain une organisation basée sur des considérations de tout ordre ; on ne remplace pas à la légère un matériel combiné de longue date, catalogué, adapté aux nombreuses exigences de la vie des camps, et représentant, en définitive, un capital considérable de travail et d'économie.
Les gouvernements ont chargé de nombreuses commissions d'étudier la question ; et de volumineux rapports se sont entassés, cela va sans dire, dans les cartons administratifs. Puis, à cette période de contrôle, a succédé celle d'application. Il a fallu chercher les voies et moyens les plus propres à acclimater l'antisepsie dans la troupe, les ambulances et les hôpitaux.
L'emballage du matériel de pansement, son groupement dans les caisses et les fourgons a été un vrai casse-tête chinois pour ceux qui en étaient chargés, car la place manque toujours en pareille occurence.
Les importants travaux de Reyer et von Bergmann sur la guerre turco-russe nous ont appris toute l'importance du premier pansement, et de la non intervention .opératoire sur le champ de bataille.
Ils ont démontré par des statistiques saisissantes tout le désavantage qu'éprouve le blessé à subir des sondages de ses plaies, ou des tentatives d'extraction de projectiles sur la place du premier pansement. Et, en yffet, le chirurgien ou ses aides qui perdent leur temps à faire ces opérations, le plus souvent incomplètes, sous le feu de l'ennemi, dans le premier endroit venu, derrière un buisson ou un épaulement de terrain, se trouvent dans des conditions si défavorables a toute intervention opératoire, iju'on ne comprend pas comment il peut leur venir a l'esprit de se laisser aller a ces inopportunes fantaisies.
La seule chose à faire dans ces endroits exposés, c'est d'appliquer un rapide pansement sur chaque plaie et d'expédier en toute hâte les blessés ;i l'ufibulance voisine.
Là encore, il y aura souvent bénéfice à ne rien déranger au pansement, on se bornera à le compléter ou ù l'assujettir, et on évacuera sans cesse tous ceux qui sont transportables.
Nushaum l'a dit il y a longtemps déjà : • Le sort d'un blessé dépend, ou peu s'en faut, du premier chirurgien qui le panne. >> Rien n'est plus vrai; aussi, étant donnée l'impossibilité dans laquelle se trouve le chirurgien de première ligne, de se désinfecter à un pareil moment, on ne peut exiger de lui que de protéger les plaies jusqu'en des temps meilleurs, c'est-à-dire jusqu'au moment où le blessé trouvera loin du champ de bataille des installations convenables et des médecins ayant la tranquillité nécessaire pour l'opérer ou le panser à nouveau.
C'eBt en se rattachant à cette manière de voir qu'on a cherché s'il ne serait pas possible de munir chaque soldat d'un pansement sommaire, et de lui apprendre
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qu'en cas de blessure il doit immédiatement l'appliquer ou le faire appliquer sur ses plaies.
Ce projet a faire naître, cela va sans dire, de nombreuses objections.
Ces pansements confiés au troupier se détériorent, a-t-on dit; ils se perdent et se gaspillent; en outre, où les mettre, quelle grandeur leur donner?
Toutes ces questions ont été, depuis quelques années, discutées dans toutes les armées, et diversement résolues.
Adoptée en principe, la cartouche chirurgicale a été fortement attaquée en pratique; une des principales difficultés, c'est de faire un choix entre les divers antiseptiques, afin de donner la préférence à celui qui se conserve le mieux; c'est aussi de calculer les pièces de pansement de façon à ne pas embarrasser le soldat, tout en leur conservant des proportions suffisantes pour répondre à la plupart des cas.
L'acide salicylique a été chaudement soutenu ; nous avons vu qu'il offre sur d'autres antiseptiques, l'immense avantage de ne pas se détériorer facilement.
I/iodoforme et l'acide phénique ont été aussi préconisés; mais, quel que soit l'antiseptique choisi, l'important c'est d'être certain de le trouver en bon état au moment de l'utiliser; c'est d'un bon enveloppement imperméable du pansement, qu'il faut donc s'assurer tout d'abord.
Quant au poids de la cartouche, il ne doit pas dépasser 25 à 30 grammes, et ses dimensions ne devront pas excéder 12 centimètres en longueur. Le paquet sera aplati et logé, soit dans une poche spéciale de l'uniforme, soit dans sa doublure.
Esmarch a conseillé de composer la cartouche antiseptique de la façon suivante : un triangle de bon
coton de grandeur moyenne, deux épingles de sûreté, une bande de gaze de 2 mètres de longueur sur 41 centimètres de largeur et, enfin, deux petits paquets de jute salicylée enfermés dans de la gazesalicylée.
Le soldat devra être renseigné sur la manière de se servir de ce pansement, et sur l'importance qu'il y a pour lui à le conserver intact.
Je crois que la conviction ne sera pas trop difficile à obtenir, et, qu'après quelques essais, doublés des punitions voulues, on arrivera très bien à obtenir du soldat qu'il se soucie du précieux secours qu'on lui offre en le pourvoyant d'un pansement d'urgence qui lui sauvera peut-être la vie et bien souvent quelque membre.
Dans son histoire chirurgicale de la guerre au Tonkin et à Formose, Henri Nimier dit que le pansement auquel on avait le plus souvent recours se composait de gaze iodoformée ouphéniquée, d'une couche de charpie, et de tours de bande. Les résultats ont été médiocres.
Redon propose des plaques de tourbe bichlorurées, feutrées et comprimées, mesurant m ,125 de large sur m ,15 de long et m ,04 d'épaisseur. Sur l'une de leurs faces se trouve de la tarlatane bichlorurée et sur l'autre un carré de toile imperméable de dimensions un peu supérieures à celles de la plaque. Une épingle de sûreté, une compresse et une bande de gaze bichlorurée complètent le paquet.
Un papier imperméable entouré d'une armature et fermé à l'huile siccative protège le tout.
La tourbe a l'avantage, malgré la compression qu'elle a subie, de reprendre aisément son volume normal; elle est très absorbante, et le bichlorure complète le pouvoir antiseptique qu'elle possède déjà par elle-