‹ Antisepsie et asepsie chirurgicalesChapitre 9 sur 32 · LISTER ET SON OEUVRE · texte numérisé non relu

LISTER ET SON OEUVRE

J'ai parlé de Pasteur, voyons ce que fit Lister.

L'œuvre du chirurgien d'Edimbourg est trop importante pour que j'aie la prétention de la résumer ici. Je me bornerai à rappeler à grands traits cette suite de recherches patientes, conduites avec un esprit d'observation absolument remarquable. On peut assigner Tannée 1807 comme date du début de la méthode antiseptique de Lister.

Pénétré de l'importance des découvertes des savants dont j'ai essayé de résumer les travaux, il arriva comme eux à la conviction que le véritable ennemi des plaies ne réside pas dans les qualités physiques et chimiques de l'air ambiant, mais bien dans le plus ou moins grand nombre d'organismes vivants qu'il renferme.

Son attention se porta tout d'abord sur l'étude comparative de la marche dos fractures simples et des fractures exposées. Avec tous les chirurgiens il constata la gravité beaucoup plus grande de ces dernières et l'attribua à la pénétration, dans le foyer de fracture, de germes infectieux.

C'est dès cette époque que Lister chercha à détruire ces organismes au moyen de l'acide phénique."

Ayant tout d'abord fait usage de solutions très concentrées, il y renonça, vu les effets caustiques qu'elles produisirent, et se contenta de solutions plus faibles.

Quoique ces expériences eussent été faites dans un hôpital absolument infecté, elles furent couronnées de succès. Outre l'action caustique de l'acide phénique, Lister reconnut bientôt sa facile volatilisation ; il la combattit en l'associant à l'huile et surtout eu recouvrant le pansement de, lames d'étain ou de plomb.

Étendant l'emploi de sa méthode et la perfectionnant sans cesse, Lister incisa sans accident les abcès par congestion et, plus tard, ouvrit largement des articulations, ce qui n'était certes point banal à cette époque. Les résultats qu'il obtint peuvent se juger d'un coup d'œil.

De 18<U à 1866, sur trente-cinq amputés, Lister en perdit seine, tandis que, de 1867 à 1809, sur quarante amputés, il n'en perdit plus que six.

Ces résultats étaient bien faits pour attirer l'attention, semble-t-il. Mais Lister ne fut cependant pas longtemps à sentir la vérité du vieil adage: • Pour vivre heureux, vivons caché. • On l'accusa d'avoir pris l'acide phénique à d'autres ; on rappela les noms français des Lernaire, des Déclal, des Maisonneuve, etc.. Ses compatriotes .1. [t. Wolfe, Camgée, P.Hair, et bien d'autres, s'acharnèrent à diminuer l'œuvre du maître, en s'e (forçant d'établir une confusion voulue entre l'emploi de l'acide phénique et la. méthode de Lister.

Et pourtant le chirurgien de Glascow n'avait pas émis la moindre prétention concernant la découverte de l'acide phénique, ni songé h revendiquer la priorité de son emploi dans la pratique chirurgicale.

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Et, d'ailleurs, n'ét*ient-ce pas là des questions d'ordre second a ire ?

LepriDcipal mérite de Lister ne résidait-il pas surtout dans la combinaison de notions nouvelles et précises, capables de vaincre l'infection, tandis que la mise en action de telle ou telle substance représentait tout au plus un modu* faeifndi transitoire n'ayant rien de commnn avec l'essence même de la méthode?

Malgré ces violentes atlaques, le grand chirurgien, continuant paisiblement sa route, s'efforçait de perfectionner son oeorre dan? les moindres détails, ("est ainsi qu'il entrevit Mentit la possibilité d'une ligature inofTensive.

Ayant lié avec succès, au moyen d'un 'il de soie trempé dans une solution antiseptique, l'artère iliaque externe d'une femme atteinte d'anévrysme de la fémorale gauche, il vit que l'organisme pouvait tolérer cflttç ligature sans danger.

La malade dont il s'agit succomba, quelques mois après, à un anévrysme de l'aorte ; et, à l'autopsie, il fut possible de constater que le fil de soie qui avait servi à la ligature baignait dans une petite quantité de liquide purulent.

C'est alors que, reprenant l'idée émise avant lui par d'autres chirurgiens, Lister chercha le moyen d'utiliser une ligature de tissu résorbable, et porta son choix sur le catgut.

Mon intention étant d'étudier spécialement dans le roui'; âe M travail ce nouvel agent de ligature, je me borne pour l'instant a en signaler l'apparition.

I.n mars et avril 1870. Lister reprenant la pnrole, exposa, dans une leçon devenue classique, les conclu-

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