‹ Antisepsie et asepsie chirurgicalesChapitre 10 sur 32 · LISTER ET SON ŒUVRE · texte numérisé non relu

LISTER ET SON ŒUVRE

auxquelles l'a conduit l'application de plus en plus raisonnée dp sa méthode à la. clinique.

Il renonce .-lus solutions phéniquées fortes et se contente de celle à 1/20 ; il incorpore cette substance à de la résine dont il imprègne un tissu lâche ; et bientôt, à partir du second pansement, il protège la plaie et son voisinage au moyen de taffetas (Protective Silk). Tl a reconnu, en effet, que, si l'action microbicide deTaride phénique est indispensable au début, elle devient nuisible quand on la prolonge.

La plaie doit alors être entourée des émanations phéniquées qui se dégagent du pansement, mais ne plus être en contact avec l'acide.

Lister conseille encore d'enduire des fds à suture avec un mélange d'acide phénique et de cire dans la proportion de I sur 10.

Sa constante préoccupation est la destruction des germes flottant dans l'air; il rêve de les y poursuivre, et institue à eet effet la pulvérisation d'une solution phéniquée îi 1 0/0.

L'opération toute entière, y compris le pansement, s'exécute au sein de cette buée phéniquée.

Les mérites du catgut s'affirment chaque jour davantage.

Les éponges, les drains sont l'objet de toutes les sollicitudes.

Lister veille à tout, combine tout en vue de la lutte contre l'infection.

Aucun détail ne lui échappe.

Il s'ingénie, chercha et trouve.

Il substitue, selon les circonstances, le chlorure de zinc ou d'autres antiseptiques à l'acide phénique ;

améliore son matériel de pansements; bref, érige décidément en Méthode ce qu'on s'efforçait de considérer comme l'application d'un simple topique.

Les résultats de celte pratique si logique, qu'il sait cependant rendre souple au besoin, s'améliorent de jour en jour; et, à mesure que les audaces opératoires s'accentuent, les accidents des plaies perdent du terrain.

La pyémie, la septicémie, la pourriture d'hôpital, l'érysipèle, lâchent pied tour à tour; et, maigre" les dires de ceux qui se plaisent à considérer cette retraite comme fortuite et passagère, disparaisse ni pour ne pas revenir.

Sans doute, il y aura toujours de temps à autre quelques cas d'infection dans les hôpitaux, mais ces cas «rivent du dehors. L'infection ne naît plus dans les salles car elle y est sans cesse combattue.

On a peine à comprendre aujourd'hui comment une mélhode, se présentant, d'emblée avec des résultats aussi brillants, eut tant de peine à se faire accepter.

En Ecosse même, où elle vit le jour, ce ne fut que lentement qu'elle obtint quelque crédit.

Nul n'est prophète on son pays...

Lister eut à lutter, comme tout novateur, contre l'inertie, l;i routine et la jalousie.

On tourna en ridicule les minutieuses précautions de son pansement; et ceux qui perdaient presque tous leurs opérés en les entonnant dans des cataplasmes, n'avaient point assez de sarcasmes à lancer contre celui qui leur était pourtant si supérieur !

Et cependant, ce que montrait le maître était palpable.

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