‹ Antoine CourtChapitre 124 sur 251 · LETTRE A BERNAGE · texte numérisé non relu

LETTRE A BERNAGE

L'auteur protestait de nouveau du dévouement des réformés, et, prenant l'offensive, il prouvait que le catholicisme qui les accusait de rébellion avait été lui-même le plus g'rand ennemi de l'Etat. Il s'inclinait néanmoins, sans murmure ni colère, devant la force qui les opprimait, il prenait Dieu à témoin de l'innocence des religionnaires et le priait de bénir leurs persécuteurs. « Nous continuerons à demander votre protection par des prières et des vœux, et demander au ciel votre prospérité et celle du Roi, et celle des dignitaires *. »

Ces derniers mots n'étaient ni une amplification oratoire ni dans un but politique; un sentiment vrai les avait inspirés. « Dans tous nos sermons, écrivait-on, dans toutes nos lettres, nous exhortons le peuple à la soumission et fidélité au Roi -. v Et le Synode de 1721, tenu en Vivarais, disait dans un de ses règlements :

« Tous les pasteurs et proposants se rendront sujets aux puissances supérieures, et y porteront le peuple autant que leurs forces le leur pourront permettre. Et, pour cet eflet, tous les pasteurs et proposants jurent par la foi qu'ils ont au nom de Jésus-Christ d'obéir au Roi de France en toutes choses, sauf aux ordonnances quipourraient être préjudiciables à la foi et à l'Eglise. D'ailleurs, la vénérable assemblée enjoint à tous do faire prière pour le Roi et pour ses conseillers, non-seulement aux assemblées, mais aussi dans les familles particulières, et principalement aux pasteurs »

Une si grande soumission et des preuves si écla-

* N° 17, vol. F, p. 262. (1721.) Gaubert était l'auteur de cette apo^ logie.

2 Ilnd., 1). 382. (1721.)

3 N" 17, vol. G. p. 382. (1721.)

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