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DÉCOURAGEMENT DES PROTESTANTS

1720, une assemblée fut surprise et dissipée à Fougères, près de Bédarieux et une autre près de Nîmes, dans la caverne de la Beaume-de-Fades ^. Il y eut plusieurs condamnations. Un g-raud nombre de femmes et de filles furent dirigées sur les ports de mer, pour être transportées en Amérique. En 1721, de nouvelles assemblées furent dispersées à Nîmes et à Saint-Hippolyte, et les prisonniers furent envoyés à Alais pour enterrer les victimes qu'y faisait la peste.

Les religionnaires découragés comprirent bien alors qu'il ne serait fait aucun changement dans leur situation, et que rien, ni leur fidélité, ni leur soumission, ni leurs protestations de dévouement, ne pourrait ébranler l'inexorable volonté qui les avait voués à la persécution.

Un proposant s'adressa au duc de Roquelaure et à Bernage. 11 croyait les protestants calomniés; il ne pouvait imaginer que ces rigueurs fussent exercées sans motif et sans cause.

« Il est certain que, si quelque scélérat venait dans quelque ville du royaume voler, blasphémer le saint nom de Dieu, paillarder, chanter des chansons infâmes, on ne lui dirait rien, ou du moins trouverait-il des amis et d'indulgence. Mais si quelque personne craignant Dieu j venait faire une pri?l"e ou chanter quelque psaume, ce serait un scélérat, un rebelle, un criminel de l'Etat... Il semble que nous ne soyons pas des chrétiens, mais de monstres de nature indignes de vivre, et, dans cette ignorante fureur, on nous déchirerait avec les dents. »

' V. Histoire de l'Eglise de Montpellier, etc , p. 549. 8 V. plus loin, chap. vu, p. 224.

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