‹ Antoine CourtChapitre 143 sur 251 · SUPPLICE DE HLC-MAZEL · texte numérisé non relu

SUPPLICE DE HLC-MAZEL

assisté au supplice de ses amis, elle fut eufemiée avec ses compagnies de captivité dans cette tour de Constance, où depuis de si long'ues années étaient jetées sans aucune distinction d'àg'e les plus touchantes victimes de la persécution

Quelques semaines après l'exécution de Vesson, le g'ibet se dressa une seconde fois. Dans les Cévennes, dans une maison écartée de Saint-Paul-Lacoste, les soldats avaient arrêté le vieux Hue, et l'avaient conduit à la citadelle de Montpellier où Vesson se trouvait encore. Le vieillard fut confronté avec son ancien ami. On l'accusa d'avoir présidé des assemblées et d'avoir prèclié. Convaincu de ce double crime, il fut condamné à être pendu. Hue avait soixante ans. Il avait déjà inquiété le Synode par ses opinions, et pour le détourner de certaines idées catholiques, on avait prié un pasteur suisse de lui écrire. Rien ne l'avait touché. Sous le coup de sa condamnation et de sollicitations pressantes, il finit par abjurer. Mais cette abjuration sincère ne le sauva pas, et, le 5 mai, au milieu d'une affluence extraordinaire', il souffrit le dernier supplice avec une grande résig-nation. Les catholiques firent à leur victime de pompeuses funérailles. Deux cents pénitents marchaient à la tête du convoi, les cordeliers y assistaient, et six d'entre eux portaient la bière. Sur les ailes du cortég'e, trente- six ecclésiastiques ramassaient les aumônes des fidèles. Enfin, pour rendre cette céré-

' La tille de Mademoiselle Vercliaiid l'ut mise dans un couvent. On voit (Archives de l'Hérault, G, 392) qu'il lui fut accordé sur le fonds des amendes une pension de 150 livres ; elle se trouvait alors au couvent des religieuses d'Agde.

Page 1