DÉPART DE GENÈVE
l'uy jusqu'à Saint-.I eau, puis (ni prenait à g"auche, on g"agnait Saint-Agrève qui n'était éloig-né de Saint- .leau que de trois ou quatre lieues. Corteiz avait bien des fois fait le voyage à pied, soit pour aller en Suisse, soit pour en revenir. — Mais le Résident de France était informé de la présence de Court à Oenève, et la tète du prédicant était mise à jjrix. Il fallait prendre des ])récautions. On tint conseil et on résolut que le proscrit passerait par Paris, où il prendrait un certificat de .santé. Le départ eut lieu dans le plus grand secret. Malgré tout, le Résident en fut bientôt averti par ses espions ; il annonça la nouvelle à la cour qui fit aussitôt échelonner des troupes pour arrêter le voyageur depuis Lyon jusqu'au Pont-Saint-Esprit. Ce déploiement de forces était inutile. Le jeune prédicant venait d'entrer en Provence, en passant par Toulouse. Il avait encore une fois mis en défaut l'habileté des g-ouverneurs et des intendants ' .
Un jour, écrivant de Genève à son collègue Roger, Antoine Court lui disait : « Je me suis occupé à déraciner de l'esprit d'une infinité de personnes la fausse idée qu'ils se formaient des protestants. J'ai tâché de les leur faire envisag'er dans leur véritable point de vue ^ » Il avait fait plus, il avait excité en leur faveur une très-vive sympathie. Calandrin, le père des confesseurs, était mort en 1721, et Corteiz, en apprenant cette douloureuse nouvelle, s'était écrié : « Dieu veuille par son infinie miséricorde en susciter d'autres qui l'égalent en charité! » Ces personnes charitables
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