‹ Antoine CourtChapitre 156 sur 251 · HÉSITATIONS, RETARDS · texte numérisé non relu

HÉSITATIONS, RETARDS

des liens que le malheur avait étaWis , mais dont certaines préventions avaient amoindri la force. D'ailleurs ne s'intéressait-il pas directement aux affaires de la relig'ion ? Il avait écrit contre les partisans de Vesson et de Hue ; il avait envoyé des livres aux proposants ; il avait ordonné de maintenir l'ordre soit parmi les fidèles, soit parmi les pasteurs; il avait^ pour soutenir le zèle, multiplié ses exhortations et adressé à toutes les époques mémorables de chaleureux appels aux Eg'lises. Sa correspondance était énorme : il y avait dépensé 400 francs de port, arg-ent de France \

Peut-être cela même, — tant d'agitation, l'importance qu'on attachait à sa personne, son goût pour l'étude, — le retenait-il à Genève plutôt que d'autres soins. On lui écrivait de tous côtés, il vivait dans l'intimité des gTandes familles, il correspondait avec des hommes tels que Basnage, \^'illiam Wake, Saurin. Il jouait un rôle, il était un personnag-e.

Au mois d'août cependant, il comprit qu'il n'y avait plus place à de nouveaux retards, et qu'il fallait quitter la Suisse. Il s'arracha aux sollicitations de Pictet qui le pressait de se fixer à Genève, et abandonna son dessein d'aller remercier à Zurich les pasteurs qui avaient donné tant de preuves de sympathie aux protestants de France ^

Le 9 août, il prit la routë de France.

La route ordinaire était bien connue. On allait de Genève à Lyon, de Lyon à Saint-Etienne-en-Forez, de Saint-Etienne à Montfaucon en suivant la route du

1 N" 46, cah. V, et n" I. t, If, p. 325.

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