‹ Antoine CourtChapitre 2 sur 251 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

héros : Antoine Court. Papiers de toutes sortes : lettres, notes, mémoires, plans d'ouvrag-es ; collection d'une inépuisable richesse, qui ne compte pas moins de cent dix-huit volumes manuscrits'. Pendant deux années, j'en ai exploré les trésors. Je l'ai fait sans relâche, avec amour, à peu près comme un homme qui serait transporté dans un monde original, étrange, magnifique pourtant, qu'il serait un des premiers à parcourir et à admirer. Les hommes qui passaient devant mes yeux n'avaient aucune célébrité; deux ou trois exceptés, c'étaient des inconnus. Ils n'avaient point joué de rôle dans l'histoire, ils n'étaient ni hommes de guerre ni hommes d'Etat; c'étaient des paysans, des cardeurs de laine, des ouvriers. Peu à peu, leur figure m'a frappé. Des fêtes de la Régence, des salons de Madame du DefFand, des réunions des Encyclopédistes, je .suis descendu à eux. Je me suis laissé prendre à tant de mâles vertus. Page après page, je les ai suivis, j'ai marqué leurs succès et leurs revers, indiqué leurs efibrts, compté leurs victimes; — et c'est ainsi, avec leurs récits, leurs notes, leur correspondance, qu'a été écrite cette histoire.

Si riche cependant que fût la collection de la bibliothèque de Genève, elle laissait bien des points à éclaircir, bien des lacunes à combler. Elle faisait con-

1 V. plus loin, p, 357, notre Notice sur les manuscrits d'Antoine Court.

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naître dans le détail l'histoire intime dn protestantisme, mais elle en laissait trop dans l'ombre le côté extérieur et les événements qui eurent sur sa marche et sur son développement une si puissante influence. Cette histoire n'est h vrai dire qu'une long'ue bataille. Deux adversaires sont en présence , les protestants d'un coté, le clerg-é et la cour de l'autre. J'avais pénétré dans les rangs des premiers; il me restait à étudier les vues, les plans et la tactique des seconds. Les Archives de l'Intendance du Lang-uedoc, à Montpellier, m'ont été, sous ce rapport, très-utiles ; celles de Bordeaux m'ont donné anssi quelques renseignements. Mais c'est à Paris que j'ai fait la plus ample moisson de documents. Si le dépôt du Ministère de la (luerre m'en a peu fourni, que n'ai-je pas trouvé à la section des manuscrits français de la Bibliothèque nationale et surtout dans cette belle collection de papiers relatifs au protestantisme qu'une heureuse initiative a formée à nos Archives nationales'!

' Nous avons puisé aussi k des sources particulières et c'est un devoir pour nous de les citer ici. MM. Levade et Dufournet, de Lausanne, ont mis à notre disposition leurs papiers de famille. MM. Arnaud et Auzière nous ont communiqué de curieu.x documents. M. Athanase Coquerel nous a permis de parcourir sa belle collection des manuscrits de Paul Rabaut. M. J.-P. Hugues enfin nous a ouvert sa bibliothèque, si riche en ouvrages concernant l'histoire du protestantisme. Il est inutile d'ajouter combien nous avons emprunté au savant recueil que publie la Société de VHistoire du Protestantisme français. — Que tous ceux qui, de près ou de loin, nous ont aidé dans nos recherches, veuillent recevoir ici nos remercîments.

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