‹ Antoine CourtChapitre 3 sur 251 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

Bien des faits, sans doute, bien des détails m'ont échappé; d'autres, plus heureux que moi, les réuniront. Arrivé aujourd'hui à la fin de mes recherches, je me décide à en publier les résultats.

Le moment est-il favorable? Je ne sais. Le protestantisme n'a jamais obtenu en France ses droits de cité, et par plus d'un côté nous ressemblons à ces Athéniens qui appelaient tout étranger : Barbare. Le mot est dur , injuste , un peu orgueilleux ; il nous plaît cependant et nous y tenons : en bien des choses, il nous sert d'excuse.

Deux choses cependant me rassurent et m'encouragent.

Il ne s'agit pas seulement ici du protestantisme, il s'agit de la France. Le dix-huitième siècle, quoique étudié avec amour et en bien des sens, est encore diversement jugé. Pour beaucoup, il est resté le siècle de la frivolité et de l'irréligion... Mais un siècle ne tient pas tout entier dans la chronique des salons et l'histoire scandaleuse d'un règ*ne. Comment expliquer le grand dénoùment de 1789? D'où sont venus ces grands désintéressés, ces immortels volontaires du droit? A quelle école se sont-ils formés à la vertu, au courage stoïque? — Le dix-huitième siècle, malgré de fâcheuses apparences et des torts trop réels, est un siècle de douloureux enfantement. Si, pour le bien juger, il le faut étudier dans l'histoire de la libre pensée et dans

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