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CHAPITRE XI

LA VIE d'un PRÉDICANT 1715-1729

Cent ving"t ég-lises fondées, l'ancienne discipline rétablie, le nombre des protestants du Languedoc porté à deux cent mille, le corps des prédicants augmenté, le séminaire fondé, l'attention des pays étrang'ers éveillée, tels étaient, après quinze ans, les résultats obtenus. Mais à quel prix ! Lorsque le prédicant Claris fut arrêté, le subdélégué de l'intendant lui demanda en quel lieu il était resté, depuis qu'il avait quitté la maison paternelle ; Claris répondit : « Tantôt dans les villes, tantôt dans les bourg's et les villages. » Ensuite il ajouta : « Pour ma sûreté, j'errais de campagne en campagne, et je couchais dans les forêts, dans les cavernes. » — Tous les ouvriers du grand œuvre auraient eu le droit de faire la même réponse. C'était bien au prix de leur santé, de leur vie, qu'ils avaient restauré le protestantisme en France.

Parcourez le pays, à pied, aux premiers jours d'automne ; évitez les .grandes routes, mais demandez au paysan les vieux chemins, les chemins du temps jadis, abandonnés aujourd'liui. C'est là qu'ils ont passé.

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