‹ Antoine CourtChapitre 208 sur 251 · V2 COURSES ET TOURNÉES · texte numérisé non relu

V2 COURSES ET TOURNÉES

La trace de leurs i)as e«t eiic<n'e iuar(|uée sur le sol, et la contrée est si pleine de leur souvenir , qu'ils apparaîtront devant vous, comme au temps où, solitaires, ils allaient de paroisse en paroisse p-lorifier et prêcher la foi de leurs pères. Dans le bas Languedoc, le pays est plat, et les chemins, à travers les vig-nes rampantes et les oliviers, s'étendent couverts de poussière en long"s rubans blancs. C'est une contrée riche et fertile, la contrée « de Chanaam, » comme on l'appelait. Mais lorsqu'on s'avance vers les Cévennes, ou que peu à peu on s'eng-ag-e dans le haut Lang-uedoc, la nature chang-e d'aspect. Voici la montagne. Peu de vig'ues, plus d'oliviers. Des seig'les, des mûriers i*aboug"ris. Les châtaig-niers centenaires se tordent aux flancs des monts; les torrents g"rondent au fond des vallées; les villag-es deviennent rares; les routes s'ouvrent tristement dans le roc; au-dessus, s'étend le ciel d'un bleu intense.

C'est bien là ((u'ils ont passé, ('omme ces pâtres (jui, encore aujourd'hui, descendent des hautes Cévennes vers la plaine, aux jours de marché, ainsi ils battaient le pays. C'était ce qu'ils appelaient « alleide foire en foire. » Ils cheminaient à pied, le l)àton a la main, vêtus g-rossièrement. A les voir, on les eût pris pour de rudes montag-nards. Parfois ils allaient à cheval, couverts de leur manteau, le chapeau rabattu sur le front, en g-ens qui craig'nent d'être reconnus. Mais le cas était rare. Ils n'étaient pas assez riches pour acheter des chevaux, et les paysans leur prêtaient difficilement les leurs. « Pour moi qui suis toujours valétudinaire, écrivait (raubert, je ne puis g-uère marcher.

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