REPOS MOMENTANÉ
gieux qu'il excita dans ces pays fut-il immense. Depuis le soulèvement des Camisards, beaucoup de localités fatiguées, écrasées par la lutte, n'avaient pu former aucune assemblée relig'ieuse et pratiquaient extérieurement les cérémonies catholiques. Il les visita, réunit leurs habitants au Désert , et déploya une si grande activité qu'il y rétablit le protestantisme.
Malheureusement les fatig-ues d'une vie trop agitée avaient ébranlé sa santé. Il fut obligé de se rendre aux eaux minérales d'Euzet et pendant quelque temps de rester inactif. Ce repos forcé lui fut profitable. Enfermé dans le village de Saint- Jean de Ceyrarg-ues, le corps souffrant, la pensée toujours ardente, préoccupé avant tout des maux de ses coreligionnaires, il chercha avec passion les moyens par lesquels il relèverait leur cause jadis si prospère, aujourd'hui réduite en de si tristes extrémités. Il n'avait encore que dix-neuf ans; il était peu instruit; mais il avait sillonné le Vivarais, les Cévennes, le bas Languedoc et connaissait dans le détail la situation de ces contrées. Il n'était pas de ceux qui voulaient marcher au hasard. Avant de courir de nouveaux périls, il voulait se tracer un plan de conduite.
Comment pouvait-on restaïu-er en France le protestantisme ? Cette question, il l'avait, sans nul doute, récemment posée aux prédicants ses collègues, lorsqu'à
affamés de la parole de vie, et courant, peut-être ce soir, k la faveur ■d'une fort belle nuit qu'il fesait et éclairée d'une lune éclatante, à travers les campagnes pour chercher une parole qu'ils ne trouvaient pas, et que, si j'avais été au milieu d'eux, j'aurais pu leur départir, — je formai le dessein de les aller visiter encore une fois. » N" 46, cah. I.