‹ Antoine CourtChapitre 49 sur 251 · CONSÉCRATION DE COURT · texte numérisé non relu

CONSÉCRATION DE COURT

environnantes étaient assis, en prières. Court se leva et fit lui-même un discours sur les devoirs du ministère. « 11 y traita de la nécessité et des avantages de la prédication ; il releva la gloire de la Providence qui, touchée enfin des mallieurs de l'Eg-lise en France, lui suscitait des ministres dans les temps même que ses ennemis étaient le plus acharnés à sa ruine ; il demanda enfin le secours des prières de toute l'assemblée pour obtenir la grâce de remplir avec un nouveau zèle le grade dont il allait être revêtu, et toutes les vertus nécessaires pour le pouvoir faire avec succès. » Paroles touchantes qui faisaient fondre en larmes l'auditoire. Quand il eut achevé son exhortation, il se mit à genoux : Corteiz s'approcha, puis élevant sur sa tête une bible, au nom de Jésus-Christ et par l'autorité du Synode, il lui donna le pouvoir d'exercer toutes les fonctions du ministère K Des cris de joie éclatèrent alors de tous côtés. Ainsi, après tant d'années d'oppression et de soufii'ances, une relig'ion proscrite se relevait de ses

' « L'acte qui lui fut délivré par ordre du Synode, portait qu'on l'avait entendu proposer l'espace de trois ans et demi, avec beaucoup « d'édification (on voulait dire des Cévennes, où le Synode se tenait) ; qu'on n'avait rien trouvé dans sa conduite et dans ses mœurs qui f ut indigne d'un ministre de l'Evangile; que le Synode, composé d'environ soixante pasteurs, proposants ou anciens, avait souhaité unanimement qu'il fût examiné sur la théologie, et qu'il proposât, dans une assemblée publique, pour être ministre; que dans cet examen on avait trouvé qu'il avait une doctrine très-conforme à l'analogie de la foi et aux règles que la sagesse de Dieu avait établies dans son Eglise, et que son zèle et son affection pour la religion étaient tout à fait singulières. Ainsi continuait-on dans l'acte : Nous lui avons donné et conféré l'ordination au saint ministère selon la manière de l'imposition des mains ordonnée dans la Parole de Dieu, et jiratiquée dans nos Eglises réformées, pour prêcher la pure parole de Dieu, administrer les saints sacrements de baptême et de la sainte Cène, et

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ruines, et librement, dans la solitude du Désert, consacrait à son service de ses mains défaillantes les hommes qui devaient lui rendre sa prospérité première ! Au milieu de ces transports, Colom s'adressant à l'assemblée, s'écria : « M. F., nous couronnerons une solennité qui met le comble à nos vœux, qui remplit nos âmes d'une joie si vive et si juste, nous la couronnerons par le chant des paroles du psalmiste, tiré du psaume CIL »

En ref^istre sera mise Une si grande entreprise, Pour en faire souvenir A ceux qui sont à venir,

Et la gent à Dieu sacrée, Gomme de nouveau créée, Lui chantera la louange De ce iiienfait tout étrange.

Peu à peu les derniers chants lentement s'éteigni-

exereer la discipline ecclésiastique et tout ce qui en dépend. Cette imposition des mains, ajoutait-on, est fondée : 1° Sur sa vie édifiante; 2° Sur la sûreté de sa doctrine; .3" Sur la manière de bien e.\poser la Parole de Dieu ; et entin sur la demande générale qui en a été faite. Ces rares qualités, disait Corteiz, se trouvant en lui, par un commun consentement des préopinants, des anciens et du troupeau, je lui ai imposé les mains et donné la main d'association. On finissait par des vœux qu'il plût à Dieu de le sanctifier par son Saint-Esprit, de le préserver de la main cruelle des ennemis; de lui être toujours un soleil et un bouclier; de faire réussir son ministère à la gloire de son grand nom, k l'avancement du règne de son Fils, et au salut des âmes. La souscription faite : Donné en Cévennes, le 21 novembre 1718. L'a'té n'était signé que par Pierre Corteiz, ministre; Jacques Boin- Ijonnoux, Jean Rouvière, Betrine et Pierredon, proposants. L'usage n'était point de faire signer les députés des Eglises, crainte que si les pièces signées venaient à se perdre ou h tomber entre les mains des ennemis, on ne fit à ces députés dos affaires fâcheuses » N" 46, cah. IV

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