‹ Antoine CourtChapitre 48 sur 251 · RETOUR EN FRANCE · texte numérisé non relu

RETOUR EN FRANCE

l'ayant appris, en prohibèrent tout à coup la vente. Ce fut pour lui comme vme révélation ; il comprit alors combien était illusoire l'indépendance de Genève en face de la France. Il resta néanmoins quelque temps encore dans cette ville, et au mois de novembre 1718, après une absence de cinq mois, il rentra dans les Cévennes.

Le jour de son arrivée fut un jour de grande joie. Un rendez -vous général fut aussitôt donné, et toutes les églises officiellement établies y envoyèrent des députés pour le féliciter de l'iieureux succès de son voyage'. Court demanda alors un congé. Il voulait, à son tour, comme il avait été convenu, aller en pays étranger demander la consécration. Mais le Synode fit des objections. La saison était avancée; — il y avait mille périls ; — s'il lui arrivait un accident, quel désastre pour l'Eglise! D'ailleurs, Corteiz ne pouvait-il présider cette cérémonie?

Cette dernière raison parut déterminante. Il fut résolu qu'on ferait consacrer Coiirt par son collègue. Un vieillard, homme distingué par sa piété et ses lumières, Colom, fut adjoint à Corteiz pour interroger » le jeune prédicant. L'examen roula sur divers articles de théologie et sur quelques-unes des matières controversées entre protestants et catholiques. Court s'en tira avec honneur et fut admis. Le 21 novembre 1718, eut lieu la consécration ^.

Ce fut une imposante cérémonie. La nuit était tombée ; dans la plaine, les protestants accourus des églises

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