LA PESTE DE
tiers, proche Villeraugues... un jour de dimanche, se prit à pleurer, disant que tout d'un coup son église (Hait devenue déserte, mais que le soigneur évèque en serait informé. Quelques lâches en furent intimidés; mais la jeunesse bénissait le ciel qui les avait éclairés K »
Les livres avaient fait cela, mais aussi la contag-ion du succès et les exhortations. La double consécration de Court et de Corteiz avait eu un grand retentissement. « Cette imposition des mains que mon collègue et moi avions reçue, dit Court, aida beaucoup à réveiller le zèle des protestants. Nos Eglises s'augmentaient et en nombre et en membres. Nos travaux se multipliaient aussi \ » Ils se multiplièrent tellement et devinrent si absorbants, que les deux hardis prédicants furent oblig-és de partag-er la province en deux districts : celui des hautes et celui des basses Cévennes et du bas Languedoc. Corteiz prit le premier pour champ de son activité et Court le second.
Une calamité vint augmenter leurs travaux. En 1720, la peste éclata. Le terrible fléau pénétra avec une incroyable rapidité en Provence et en Languedoc, et fit dans ces contrées d'horribles ravages. En vain prit-on les plus minutieuses mesures pour circonscrire le mal. Les villes furent mises en état de sieg-e, portes fermées et commerce interdit, un cordon sanitaire fut établi et les soldats reçurent Tordre de fusiller quiconque essayerait de le franchir. Cependant en deux jours, il y eut quinze cents morts à Marseille; Toulon et Arles furent ravagées ; Alais et Montpellier comptè-
' N" 17, vul. O, p. ;?S. (171!».) * N" 40, cah. V et VI.