‹ Antoine CourtChapitre 9 sur 251 · LES PARENTS D'ANTOINIC COURT · texte numérisé non relu

LES PARENTS D'ANTOINIC COURT

de l'état qu'ils pourraient donner à l'enfant qui allait naître, ils se disaient « que ce serait un Lien g-rand bonheur pour eux de le consacrer au service de Dieu. » Cette parole les peint. A cette époque en effet, la persécution, encore dans sa première ardeur, était terrible. «On forçait, dit naïvement Antoine Court, lesprotestants d'assister au culte de l'Eg-lise romaine ; personne n'en était exempt, et si quelques-uns avaient assez de courag-e pour le refuser et pour s'en défendre, bientôt des estafîers se saisissaient de leurs personnes et les traînaient dans les couvents, les autres dans des prisons, et les autres on les transportait dans un nouveau monde. Il n'était pas permis d'envoyer les enfants dans les pays étrang-ers pour les y faire étudier, et on ne le pouvait dans le roj'aume que chez des maîtres catholiques, à qui il était ordonné, sous les peines les plus sévères, de faire assister régulièrement tous les écoliers à la messe et à tous les autres services de L'Eg'lise catholique ^ » Les assemblées étaient traquées, les galères remplies, et les prédicants mis à mort. Cette année même on venait d'exécuter La Porte et Henri Guérin ; Pierre Plans devait l'être en 1697, Claude Brousson en 1698. — Ne fallait-il pas une force de convictions peu commune pour destiner son fils au périlleux honneur du ministère sous la croix ?

En 1700, tandis que la persécution sévissait, Jean

• V. Mémoires sur sa vie. N° 40, cahier I. « Les sept cahiers ici contenus, dit Court, c'est ce qu'il y a de composé de mes mémoires. Pour les continuer, il faut non-seulement consulter les volumes de mémoires manuscrits que j'ai rassemblés et qui sont indiqués sous des lettres de l'alphabet comme T. A. pour dire volume A, mais aussi les liasses de lettres des années 1732, jusqu'en 1744. »

Page 1