‹ Antoine de Bourbon et Jeanne d'AlbretChapitre 19 sur 133 · Négociations sotu François II, p. 114 et · texte numérisé non relu

Négociations sotu François II, p. 114 et

2. Lettre de Ghantonay à Philippe II, en date du 22 août (Orig. espagnol ; Arch. nat., K. U92, n» 67).

3. Lettre orig. de Ghavigny à Brissac (f. fr., vol. 20527, f. 31). \. De Thou, liv. XXIII, édit. de 1740, t. II, p. 689.

5. Réponse à Vépistre de Charles de Vaudemont, cardinal de Lor^ raine, 1565, in-8*. Nous prenons cette anecdote dans un pamphlet hostile aux Guises et publié au nom de François de Montmorency. Mais Brantôme la certifie et la raconte dans des termes analogues.

6. Daniel, Hisi, de France, t. X, p. 580. Observation du Père GrifTet.

ET JEANNE D'aLBRET. 51

les fonds nécessaires au rétablissement de ses forteresses de Picardie. Cependant, à Tavènement de François II, Guise ne put obtenir l'éloignement de l'amiral. Catherine le connaissait pour c un homme c rond » qu'elle pouvait employer c sans craindre c aucunement qu'il entreprist rien par ambition, c dont elle le cognoissoil estre du tout vuide. > Le duc de Guise, obligé de subir la présence de Coligny à la cour, essaya de le détacher du parti des princes. A. Nanteuil , il lui révéla , au nom de leur amitié de jeunesse, qu'un prince du sang c avoit pourchassé c de le despouiller de son gouvernement de Picardie. » Et, sur ses instances, il nomma ou laissa deviner le prince de Condé. Coligny faillit se laisser prendre à la révélation ; mais il acquit bientôt l'assurance que l'accusation de Guise n'avait aucun fondement. 11 résolut cependant de renoncer au gouvernement de la Picardie^ pour en gratifier Condé, le plus pauvre des princes du sang, et représenta au roi que la province avait été gouvernée longtemps par le duc de Vendôme, puis par Antoine de Bourbon, qu'elle était pour Condé un fief de sa maison. La cour vit avec étonnement, dans un temps où c les courtisans avoyent accoustumé de c demander estât sur estât >, un lieutenant de roi travailler à se dépouiller lui-même. Un ancien édit interdisait le cumul des emplois ; d'Ânnebaut avait été forcé de résigner sa charge de maréchal de France pour conserver celle d'amiral. Mais, par exception, le roi

1. Ghantonay lui-même constate le fait, quoique sur un ton de doute et de malveillance à Tégard de Coligny (Lettre du 3 février; Recueil conservé aux archives de Braxelles, f. 40 v*).

avait autorisé Goligny à garder à la fois les états de colonel général de l'infanterie et d'amiral et plus tard ceux d'amiral et de gouverneur de la Picardie ^ L'affaire traina longtemps. Enfin, en janvier 1 560, Coligny remit au roi sa démission de gouverneur^. Il espérait être remplacé par le prince ; mais le maréchal de Brissac, qui n'appartenait encore à aucun parti, allait revenir du Piémont. Les Guises l'achetèrent en lui proposant la lieutenance de la Picardie^. Quant à Coligny, sa générosité accrut l'estime delà reine mère. Elle exigea que sa pension fût augmentée de 6,000 livres en corn-* pensation du gouvernement perdu*.

Le 1 i septembre, la reine d'Espagne, Elisabeth de Valois, accompagnée du duc de Montpensier et de la princesse Marguerite, fit son entrée à Reims, dans une litière de velours noir, avec les mêmes honneurs qu'une reine de France^. Elle fut reçue sous un poêle de damas bleu par quatre notables, conduite à l'église

1. Daniel, Hist. de France, t. X, p. 582. Observation du Père Griffet.

2. Lettre de Goligny à d'Uumières, du 20 janvier 1559 (1560) {Négociations sous François II, p. 213). L'original est conservé dan» le f. fr., vol. 3128, f. 162.

3. Résumé de chancellerie de lettres de Ghantonay à Philippe II, en date du 2 février 1560 (Orig. esp.; Arch. nat., K. 1493, n*38).

4. La Place, Bstat de religion et république, édit. du Panth, litt., p. 27. L'incident de Nanteuil est raconté presque dans les mêmes termes par les historiens du temps (De Thou, 1740, t. II, p. 680; La Planche, p. 216 ; D'Aubigné, Hist. universelle, liv. II, chap. 14).

5. Lettre de Ghantonay à Marguerite de Parme, du 15 septembre 1550 (Recueil conservé aux archives de Bruxelles, f. 7). La lettre de Ghantonay prouve qu'on avait hésité à la cour sur les honneurs à rendre à la reine d'Espagne, de peur d'offenser Philippe U.

Notre-Dame et logée au monastère Saiot-Pierre, dont l'abbesse. Renée de Lorraine, était sœur du duc de Guise.

Le roi arriva le 1 6 aux portes de la ville ^ , monté sur une haquenée blanche. Suivant un usage qui remontait peut-être au triomphe de Jeanne d'Arc, il reçut les clefs de la ville des mains d'une jeune pucelle parée à l'antique et conduite par les échevins^. Les archers, les officiers, les juges présidiaux et l'université delà ville ouvraient la marche du cortège royal; puis venaient les pages, les gentilshonmies des princes, les gentilshonmies servants de la bouche, les gentilshommes de la chambre et les capitaines d'ordonnance, la garde suisse, les trompettes, les hérauts d'armes, le maréchal de Saint-André faisant l'office de grand maistre, le premier écuyer Boisy portant l'épée du roi, le connétable de Montmorency, l'épée nue, semée de fleurs de lys d'or ; le roi à cheval sous un poêle et autour de lui les SOO gentilshommes de sa maison ; le duc d'Orléans, plus tard Charles IX, le duc d'Angoulême, plus tard Henri 111, frères du roi, et le roi de Navarre, marchant tous les trois sur le même rang ; le duc de Lorraine, le duc de Longueville, faisant l'office de grand chambellan, et le duc d' Aumale, les chevaliers

1. Lies historiens du temps varient sur la date de l'entrée à Reims de François II et sur la date du sacre. L'entrée est fixée an 15 par plusieurs pièces (Paris, Négociations sous François II, p. 112, et f. lat., vol. 13314, f. 48), et le sacre au 15, au 17, au 19 et au 20 septembre par d'autres documents ou par les historiens. Nous croyons avoir rectifié ces dates d'après les documents originaux.

2. Négociations sous François II, p. 112 à 126. Pièces diverses relatives au sacre.

de Tordre suivant leur ancienneté, les capitaÎDes et les archers de la garde * . Les rues étaient pavoisées. Trois statues, élevées sur le bord d'un bassin , versaient du vin par les mamelles. Malheureusement une pluie, mêlée de vent, assaillit le cortège. Le roi descendit à la porte de la cathédrale et fut conduit par le cardinal de Lorraine, revêtu de ses habits sacerdotaux et accompagné de son clergé, jusqu'au pied des stalles du chœur. Il se fit alors apporter une statuette de saint François, en or, de la valeur de sept à huit mille florins, et la remit à l'église.

Marie Stuart arriva le soir du même jour et fîit reçue avec la même pompe. Le sacre était fixé au lendemain, mais le duc de Savoie, oncle du roi, eut de violents accès de fièvre ^. On retarda la cérémonie d'un jour^.

Le lundi 1 8 septembre, Claude de Laonnais, grand prieur de l'abbaye de Saint-Remy, escorté des seigneurs Jehan de Luxembourg, comte de Brienne, de Jehan de Luxembourg, vicomte de Martigues, de Charles de Montmorency, sire de Meru, et de Léonor

1. Pièce du temps; Vc de Golbert, vol. 140, f. 535. Cette pièce présente en détail l'ordre du cortège.

2. Depuis le commencement de septembre, le duc de Savoie avait été pris d'une fièvre caterne, qui était devenue tierce et qui menaçait de devenir quarte. (Lettre de Gbantonay à Marguerite de Parme, du 5 sept. 1559 ; recueil conservé aux arch. de Bruxelles.) (Confirmation de ces nouvelles dans une lettre du môme du 8 et du 15 sept. 1559 ; ibid.)

3. Comme ce retard n'avait pas été prévu, la médaille commémorât! ve du sacre de François II porte la date du 17 septembre. Elle représente au revers une main [qui sort d'une nue, tenant la sainte ampoule, avec ces mots : Sacra ac saluta 17 sept, an. dom, 1559 Remis. (F. fr., vol. 4921, f. 13.)

Chabot, comte de Charny, apporta ia sainte ampoule à Notre-Dame. Les habitants du Ghesne Populeux, en armes, escortaient le prieur. Ce privilège remontait à un glorieux fait d'armes. Lorsque les Anglais, chassés de Reims en 1 iSl9, avaient emporté la sainte ampoule, les archers du Chesne, serfs de Tabbaye de Saint- Remy, les avaient mis en déroute, et, après le combat, avaient retrouvé la burette sacrée cachée dans ForeiUe d'un mulet. Depuis cet exploit, ils jouissaient du droit d'escorter la sainte ampoule et ils recevaient en don la haquenée blanche, le pallium du prieur et une sonune de 50 livres tournois, qui furent payés par le cardinal de Lorraine ^ .

A dix heures du matin, le roi fit son entrée dans le chœur de la cathédrale, accompagné des six pairs ecclésiastiques, le cardinal de Lorraine, archevêque et duc de Reims, Jean Doc, évèque et duc de Laon, le cardinal de Givry, évèque et duc de Langres, le cardinal Odet de Chastillon, évèque et comte de Beauvais, Louis Guillart, évèque et comte de Chàlons, Charles de Bouci, évèque de Soissons, représentant l'évèque de Noyon, absent, et des six pairs laïques, le roi de ^'avarre, le duc de Guise, le duc de Nevers, le duc de Montpensier, le duc d'Aumale, le duc de Montmorency, représentant le duc de Bourgogne, le duc de Normandie, le duc de Guyenne, le comte de Toulouse, le comte de Flandres et le comte de Champagne 2. La

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