CHAPITRE SIXIÈME
Depuis la mort de Henri II jusqu'au départ d'Elisabeth
de Valois pour l'Espagne.
Constitution du gouvernement de François IL — Portraits de François II et des Guises. — Ambassade du duc d'Arcos à la cour de France. — Ambassade de Condé auprès de Philippe IL — Olivier reprend les sceaux. — Réorganisation du conseil du roi.
Les Guises s'efforcent de séparer Catherine de Médicis du roi de Navarre. — Renvoi de Diane de Poitiers. — Catherine acquiert Chenonceaux. — Douaire de Catherine. — Disgrâce du connétable de Montmorency. — Ses conférences avec le roi et avec la reine mère à Saint-Germain. — Présentation de Perrenot de Chantonay, ambassadeur d'Espagne. — Retraite du connétable à Chantilly.
Situation du roi de Navarre au moment de la mort de u 1
Henri II. — Jeanne d'Albret embrasse la réforme.
— Messages du connétable de Montmorenqf et du duc de Guise au roi de Navarre. — Témoignage de Biaise de Monluc sur les tendances de ce prince. — Le roi se retire à Saint-Germain. — Ordonnance du 22 juillet contre le port des armes. — Départ du roi de Navarre pour Saint-Germain. — Conférence de Vendôme. — Entrée d'Antoine à Saint-Germain (18 août \ 559) . — Accueil blessant qui lui est réservé.
— Antoine à Saint-Denis. — Ses entrevues secrètes avec l'ambassadeur d'Angleterre,
Préparatifs du sacre de François II. — La cour à Nanteuil. Guise et Coligny. — Entrée de François II à Reims (16 septembre). — Sacre du roi (18 sept.).
— Le roi quitte Reims (22 sept.). — Intrigues du roi de Navarre à Paris en faveur d^une réunion des états.
— Catherine en informe Philippe II. — Jeanne d'Albret rejoint son mari à la Flèche.
Aussitôt que Henri II eut rendu le dernier soupir, le duc de Guise, le cardinal de Lorraine, Alphonse d'Esté, duc de Ferrare, et Jacques de Savoie, duc de Nemours, seuls présents au chevet de mort de l'infortuné prince, proclamèrent le dauphin. Bientôt toute la cour les suivit dans la chambre de François II. Le duc de Guise, décidé à aller jusqu'aux armes pour s'emparer du pouvoir, réunit ses partisans et les fit cacher dans la garde-robe du nouveau roi. Le successeur de Henri II confia au connétable de Montmorency, au cardinal de Ghastillon, à l'amiral de Coligny et au maréchal de Saint-André la garde du corps de son
père* et se prépara à quitter le château des Tournelles. A quatre heures, le duc de Guise le fit monter dans un coche ^. Catherine tout éplorée viola Fétiquette qui défendait aux reines veuves de < se départir de la c chambre » pendant quarante jours et se laissa conduire par le duc de Nemours. Au moment de rejoindre son fils dans le coche, elle aperçut Marie Stuart qui se tenait en arrière, et força la jeune reine à prendre la place d'honneur. Les Guises accompagnèrent la famille royale au Louvre^.
Le même jour le roi adressa à ses lieutenants en province, aux gouverneurs de place, aux parlements et aux officiers de justice, une circulaire pour leur apprendre € l'inconvénient de la blessure du feu roy^ » Le 31 juillet, Christophe de Roffignac, président, Guy de Brassac, président aux enquêtes, Raymond Eyquem de Montaigne, conseiller, frère de l'auteur des Essais^ et Antoine de Lescure, procureur général, apportèrent au roi les réponses du parlement de Bordeaux*.
La cour retirée au Louvre, le connétable empri-
1. Lettre de Throckmorton à la reine d'Angleterre, du 11 juillet 1559 (Calendars ofstate papers, règne d'Elisabeth, 1559, p. 370). Toute la cour conclut, de cette mission donnée au connétable, qu'il serait tenu à l'écart du nouveau gouvernement. (Ibid.)
2. Lettre du duc d'Albe et de Ruy Gomez de Silva à Philippe II, du 11 juillet (Orig. esp.; Arch. nat., K. 1492, n" 50).