‹ Antoine de Bourbon et Jeanne d'AlbretChapitre 3 sur 133 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

4. La minute de cette lettre est conservée dans le vol. 15872 du f. fr., f. 122.

5- Lettre originale du parlement au roi (f. fr.,vol. 15873, f. 131). La lettre de condoléance des capitouls de Toulouse est conservée dans le même recueil.

sonné par ses devoirs dans le château des Tournelles, Marie Stuart fit la leçon à son époux. Elle lui persuada de prendre pour ministres ses deux oncles de Guise, seuls capables de le protéger contre Tambition des princes du sang et des Montmorency. L'occasion se présenta bientôt au roi de manifester ses préférences. Une députation du parlement vint le féliciter de son avènement; le roi, en écolier bien appris, dit qu'il avait donné à ses deux oncles la charge < de ses < affaires » : au duc de Guise, celle des armes; au cardinal de Lorraine, celle des finances. Ainsi fut constitué officiellement le nouveau gouvernement.

Le lendemain, le roi envoya dire au duc d'Albe et à Ruy Gomez de Silva, comte de Melito, représentants de Philippe II, que, malgré la coutume des rois de ne donner aucune audience avant le quarantième jour de deuil, il lui serait agréable de recevoir leurs condoléances. Le connétable, escorté de ses fils et de ses neveux de Chastillon, vint chercher les ambassadeurs en leur logis de l'hôtel de Villeroy. Au moment où ils arrivèrent au Louvre , le roi présidait la première séance du conseil. Il les fit introduire aussitôt, et, après de mutuelles protestations pacifiques, il les conduisit lui-même dans la chambre de la reine mère. < La chambre était entièrement tendue de noir € et tellement que non seulement les murailles , mais € encore le parquet en étaient couverts. Il n'y avait c d'autres lumières que deux cierges brûlant sur un € autel garni de drap noir. Le lit de la reine était c tendu de même. Sa Majesté était vêtue des plus « austères habits : robe noire à queue traînante, qui € n'avait d'autre ornement qu'un seul collet d'her-

ET

19 janvier 1544 à Fontainebleau. II avait été élevé par Jean de Humières, ancien gouverneur de Henri II, et par Claude d'Urfé, au milieu de précautions minutieuses qu'exigeait sa jeunesse délicate et maladive. A quatorze ans, le 24 avril 1558, il avait épousé Marie Stuart ; à quinze ans il montait sur le trône. Il avait montré d'heureuses dispositions pour un roi, le goût de Tétude et des armes ^; mais ses progrès physiques et inteUecluels semblaient s'être arrêtés à l'âge de l'adolescence. Faible, d'une mauvaise santé, c trop jeune et de peu d'esprit^ » , il était, à l'époque de son avènement, notoirement incapable de gouverner. Dès les premiers jours de son règne, le peuple l'appela le petit roi, surnom que l'histoire lui a confirmé. Parlements, gens de cour, bourgeois et capitaines, nul ne prenait au sérieux la majorité d'un prince de quinze ans, d'un développement fort au-dessous de son âge ^. Une régence ou au moins un conseil composé de la reine mère et des princes paraissait nécessaire. Les

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