Nouvelles de la cour (f. fr., vol. 20624, f
5. Résumé de la chancellerie des letties de Chantonay à Philippe II, du 15 octobre 1559 (Orig. espagnol ; Ârch. nat., K. 1492, n* 74).
6. Lettre de l'ambassadeur Michieli à la République de Venise, du 22 sept. 1559 (Bibl. nat., Mss., Dép. des ambass. vénit., iilza 3, f. 236).
7. Lettre de Jean Michieli, du 16 octobre (Dépêches des ambass. vénitiens, filza 3, f. 245).
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vertîr le Parlement. Antoine essaya de sonder les inte tiens de la cour, mais il montra son hésitation dans s démarches. Il visita quelques conseillers en soUîdteu presque en proscrit. D'ardentes divisions, causé par le procès d'Antoine du Bourg, tiraillaient en • moment les membres du Parlement. Tous ceux q professaient quelque tolérance étaient les enn«r des Guises, mais le plus grand nombre trembU devant eux. Antoine demandait des avis, parlait i la convocation des États, flattait les uns et les autre mais ne montrait de l'énergie qu'en paroles. Un proo intenté au nom du rm sur la propriété du duel d'Alençon, compris dans l'apanage de Hargueri d'Angouléme, servait de prétexte à ses sollicitations Cependant les Guises doutaient de l'obéissance de i Parlement qu'ils avaient déjà décimé. La réunion les exigences des États généraux leur causaient < sourdes angoisses. Ils lancèrent des affidés sur les pi du roi de Navarre et tâchèrent de contrecarrer se œuvre, employant tour à tour la persuasion et menace. Parmi les magistrats, c Antoine, dit l'auta • de VEitat de France, trouva les uns froids et m < disposés, les autres du tout contraires et les autn « pleins d'excuses, sur la crainte qu'ils avoyent de € violence de ceux de Guyze ; si que le peu de ch € leur qui luy estoit resté fut incontinent esteint, c € sorte qu'il se proposa de tout laisser ^. > Les Guist
1. Bur cette affaire qui se termina par une transaction onérea pour la maixon d'Albret, voyez la lettre d'Antoine du 10 acl«b [Lettres d'Ant. de Bovrbm et de Jeh. d'Albret. p. 165).
2. La Planche, Estât de France sous François U. coll. du Pant lut., p. 216.
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apprirent bientôt que la plupart des conseillers avaient reçu ses confidences avec froideur et que les plus hardis avaient retiré leur adhésion. Ils se hâtèrent de publier sa déconvenue pour lui prouver qu'ils avaient Toeil sur lui et qu'ils dédaignaient ses petites manoeuvres.
Catherine redoutait autant que personne une assemblée souveraine qui pouvait la réduire à c telle raison c que d'avoir simplement la garde des personnes de c ses enfans pupilles, sans maniement d'un seul
c denier condition d'une chambrière. > Soit
calcul, soit expansion, suivant les historiens La Planche, De Thou et Dupleix, elle en écrivit au roi d'Espagne. Philippe II, très bien informé des affaires de France, ne craignait pas moins une assemblée qui poserait avec éclat la question des deux cultes, près de la Flandre, où de sourdes agitations faisaient prévoir de grandes luttes. Il répondit à la reine mère par une apologie du gouvernement présent. Sa lettre se terminait par des menaces à l'adresse des ambitieux qui essaieraient de troubler l'harmonie. Il offcail sa vie et une armée de 40,000 hommes pour étouffer les dissidences monarchiques et en qualifiait les promoteurs de € mutins et de rebelles. > Ce manifeste, ouvert en plein conseil, terrifia le roi de Navarre. Philippe II venait d'arriver à Valladolid ; Antoine crut voir une armée espagnole sous les murs de Navarreins. Philippe n'aurait pu justifier ses paroles hautaines ; mais sa détresse était dissimulée au roi de Navarre. Les Guises et leurs courtisans jouèrent tout à coup l'inquiétude ; ils lui prodiguaient les compliments de condoléance. Antoine, éperdu, se fit le
courtisan du duc de Guise. Le favori triomphant c tenoit sa gravité, feignant se soucier peu de ce c prince ^ . » Ses craintes, entretenues par des demiconfidences, lui faisaient perdre jusqu'à la dignité de sa défaite. Il errait à la cour, abandonné de ses amis, dédaigné de ses ennemis, mécontent de luinnûaQie, incertain s'il devait retourner en Béam pour faire foce à l'invasion ou craignant d'en donner le signal par son retour précipité ^.
i. La Planche, Sstat de France sous François II, édit. du Panth, litt, p. 218. — Dupleix, Hist. de France, t. m, p. 60!.
2. Une lettre du prince de la Roche-sur- Yen à la duchesse de Nevers nous fournit la preuve des incertitudes du roi de Navarre. La Roche-sur- Yon pense que Antoine repartira pour le Béam aussitôt après le sacre, et dans la même lettre il nous apprend que ce prince songeait à mander Jeanne d'Alhret à la cour (Paris, Négociations sous François II, p. 108 ; lettre du 3 septembre 1559).