Pièces justificatives du t. I, p. 437 et suivantes
3. Notamment une belle pièce d'argenterie. Le s. de la Pena fut vertement réprimandé par le duc d'Albuquerque de l'avoir acceptée. (Lettre du duc d'Albuquerque au roi d'Espagne du 12 juin 1560; Gop. esp., Arch. de la secret. d'Etat d'Espagne, leg. 358, f. 52.)
4. Rapport original d'Antonio Gomez de la Pena au duc d'Albu-
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Le seigneur de Gongora fît oublier les services de Gamboa et révéla au duc d' Aibuquerque les secrets de la conjuration. Plusieurs habitants de Pampelune entretenaient des relations avec le roi de Navarre et alimentaient par des dons et des encouragements la popularité que la maison d'Albret avait conservée dans le Nord de l'Espagne. Le parti comptait des notables et des gens de peu, des chefs et des soldats. CJn seigneur du pays, don Juan de Azedo, réunissait dans son château de Tiebas les conjurés de divers gprades. Plusieurs seigneurs béarnais, le sire de Gramont, les vicomtes de Belzunce, de Chaux, de Bfairin ^, qui avaient des alliances avec certaines gprandes maisons navarraises, devaient parcourir le pays sous un déguisement, conduits par le seigneur d*Hurtubie ^, afin de donner une organisation définitive aux efforts des conjurés. Une grave maladie survenue à la dame de Gramont et peut-être la orainte du danger firent ajourner ce dangereux voyage. En transmettant ces détails à Philippe II, le duc d'Albuquerque propose d'arrêter quelques-uns des chefs, afin d'effrayer les autres ^.
qnerque, sans date (Arch. de la secret. d'Etat d'Espagne, leg. 358, n® 45). Le roi de Navarre donna aussi à Antonio de la Pena une lettre à Tadresse du duc d'Albuquerque que nous avons reproduite dans le tome premier, p. 311, et une relation de Tafifaire de Gamboa que nous avons publiée aux pièces justificatives du tome premier, p. 437.
i. Ce nom est corrompu dans la copie conservée aux archives d'EUt d'Espagne.
*i. Nous avons déjà trouvé un personnage de ce nom parmi les agents du roi de Navarre (t. I, p. 158). 3. Lettre du duc d'Albuquerque à Philippe II, du 26 mai 1560 iCop. esp.; Arch. de la secret. d'Etat d'Espagne, leg. 358, f. 52).
Le roi d'Espagne, toujours prompt aux mesures de rigueur, envoya les ordres, et le 8 juin, le viceroi fit saisir don Juan de Azedo dans son chàteaa de Tiebas, et, le lendemain, trois de ses afiBdés à Pampelune, dont un nonuné Ortiz^. Le seigneur d'Hurtubie eut le temps de passer la frontière. Les quatre accusés furent emprisonnés au diàteau et interrogés séparément, dans le plus grand secret, par les licenciés Otoloza et Alderete, capitaines des gardes du roi. Le duc s'applaudit, dans une lettre au roi, du succès de ces arrestations et du peu d*éniotion qu'elles ont causé dans le pays, c On pourrait aussi € avec la même tranquillité et la même sûreté, dit41, c arrêter des honmies d'une situation supérieure s'il c était nécessaire et que V. M. l'ordonnât. > Dans la crainte que ce coup de main ne poussât le roi de Navarre à avancer l'exécution de son entreprise, le duc prescrivit aux capitaines de la frontière de faire bonne garde et organisa dans les villes fortes de nouvelles rondes de nuit, auxquelles il présidait luimême à Pampelune^.
L'instruction du complot fut promptement terminée, mais non au gré du duc d'Albuquerque. Les licenciés Otoloza et Alderete ne recueillirent que des asser-
1. Don Juan de Azedo est signalé dans une lettre de don Pedro d'Albret (Arch. nat., K. 1492, n* 20) et dans une autre de L'Aubespine du 3 juillet (f. fr., vol. 15874, f. 69) comme un capitaine de la compagnie du roi de Navarre. Mais les lettres du duc d'Albuquerque que nous citons plus loin ne lui donnent pas cette qualité.
2. Deux lettres du duc d'Albuquerque à Philippe II du 9 juin 1560 (Gop. esp.; Arch. de la secret. d'£tat d'Espagne, leg. 358, f. 52).
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lions vagues, qui réduisaient la culpabilité des accusés à de simples imprudences. Le duc demanda au roi l'autorisation de soumettre les accusés à la torture, mais il ne parait pas qu'il Tait obtenue. La déposition d'un témoin signalé par le duc comme très important, de frère Pedro Usecha, prieur du couvent des Carmes de Sanguesa, n'apporta aucun éclaircissement ^ . Le roi se fit remettre le dossier et arrêta l'instruction ^. Les documents sont muets sur la suite du procès, mais on peut induire de leur silence que le départ du roi de Navarre pour la cour de France, au mois d'octobre 1560, calma les inquiétudes du duc d'AIbuquerque et que les prisonniers furent rendus à la liberté.
Restait encore don Pedro d'AIbret qui, depuis le mois de juin 1559, hantait en parasite les antichamtnres du roi d'Espagne. Sa mission diplomatique s'était compliquée de réclamations personnelles. Il était titulaire du prieuré de Roncevaux et en avait été privé, malgré les droits acquis, par une décision de Philippe IP. Ses démarches de pétitionnaire auprès du roi catholique et son devoir de représentant du roi de Navarre l'obligeaient à jouer un double rôle et à paraître tour à tour le serviteur des deux princes. Aussi était-il suspect aux deux cours sans réussir à se rradre utile à aucune. Dans une lettre du 16 avril,
1. Deux lettres du duc d'AIbuquerque du 12 juillet 1560 (Gop. esp.; Arch. de la secret. d'Etat d'Espagne, leg. 358, f. 52).
2. Lettre du duc d'AIbuquerque à Philippe II du 12 juillet et do 25 août 1560 (Gop. esp.; Arch. de la secret. d'Etat d'Espagne, leg. 358, f. 52).
3. Lettre autographe en espagnol de don Pedro d'AIbret au roi <i'˻pagne (Arch. de la secret. d'Etat d'Espagne, leg. 358, f. 52).
il se plaint des traitements d'Antoine et in^nue qu'il n'a encore trouvé aucun avanta^ à son service ^ . Il n'était pas reçu avec plus de confiance en Espagne. Des espions, attachés à ses pas, prenaient les noms de tous les habitants qu'il fréquentait. Sa mère, pauvre boui^eoise d'Estella, était elle-même l'objet d'une certaine surveillance. Malgré le peu d'importance de ce personnage, le duc d'Albuquerque ne cessait d'avoir l'œil sur lui, obéissant ainsi au système de Philippe II, qui professait qu'il n'est pas de petit indice en politique^.
Le supplice de Gamboa servit de prétexte à la diancellerie espagnole pour mettre fin à la mission de Pedro d'Albret. L'agent du roi de Navarre avait pris la défense de don Juan de Azedo et d'Ortiz ^, notaUes arrêtés par le duc d'Albuquerque, et pouvait créer une sorte d'agitation factice par son insistance. Philippe II, au mois de juin 1 560, brusqua lui-même le dénouement. Il fit remettre à don Pedro, par le secrétaire Gorteville, pour Antoine de Bourbon et pour Jeanne d'Albret. la lettre suivante qui avait été libellée la veille en plein conseil V
1. Ijettre autographe en espagnol de Pedro d'Albret au roi d'Espagne du 16 avril 1560 (Arch. de la secret. d'Etat d'Espagne, leg. 358, f. 8).
2. Lettre du duc d'Albuquerque à Philippe II du 30 avril 1560 (Gop. esp.; Arch. de la secret. d'Etat d'Espagne, leg. 358, f. 52).
3. Lettre de Sébastien do L'Aubespine au cardinal de Lorraine et au duc de Guise du 3 juillet 1560 (Orig., f. fr., vol. 15874, f. 69). — Lettre autog. en espagnol de Pedro d'Albret au roi d'Espagne (Arch. nat.. K. 1493, n* 20).
4. Minute en français accompagnée de trois copies en espagnol. Ces quatre pièces ne sont pas datées, mais l'une d'elles porte au dos une note qui nous fait connaître sa date : « Lo qu'escrivio a
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Mess., j'ay receu ces jours passés par dom Pedro d'Albret la lettre que m'avez escripte avecq luy * et ay ouy les affaires que de Yostre part m'a proposé. Et combien que, devant mon département de Yalladolid, fut donné responce à tout ce que me sembleroit bon, toutesfois, après paroles diverses, il m'a touché et parlé des aultres matières, pour laquelle cause ay différé à donner responce jusques à maintenant. Et, ayant veu la qualité et importance de ce et que sont fondés en la conservation de la pais, luy ay commandé à respondre ce qu'il vous dira. Croyez que, en tout ce que vous puisse faire playsir et amytié et bonne correspondance, le feray de très bon cueur; priant. Mess., à Dieu, vous donner , etc.
Le secrétaire du roi, Gorteville, fut chargé d'ajouter, comme toujours, des promesses vagues, des protestations de bonne foi, des demandes d'atermoiement, sous lesquelles, depuis un demi-siècle, la cour d'Espagne cadiait son désir de ne rien céder de la Navarre espagnole '. A la lecture de la lettre, don Pedro se sentit mystifié. 11 prit le parti le plus habile, celui de paraître dédaigner le fonds et d'élever une protestation de forme. La lettre portait pour suscription : A Monsieur et à Madame de Vendôme. Don Pedro rappela que, du vivant de l'empereur Charles-Quint, la chancellerie espagnole n'avait jamais dénié au roi de Navarre sa qualité de souverain, que Philippe II lui-même l'avait reconnue, que Charles-Quint disait souvent : < Plus € un prince est puissant, plus il doit conserver ses
I Vendoma con don Pedro de Labrit, sennescen frances, por «mosieral de Gortavilia. i (Arch. nat., K. 1492, u9 80.)
1. Cette lettre, qui nous manque, avait été remise à don Pedro d'Âlbret par le roi de Navarre à la fin de décembre. Il y est fait tUusion dans une lettre de L'Aubespine dont nous publions plus loin un fragment d'après Toriginal (f. fr., vol. 15874, f. 69).
î. Les ouvertures orales de Gorteville sont analysées dans une lettre de L'Aubespine que nous publions plus loin.
c amis, quel que soit le sacrifice qu'ils exigent. > Enfin il insinuait qu'un petit prince peut devemr grand, prévision banale qui devait se réaliser avec éclat pour les fils et les petits-fils d'Antoine de Bourbon, destinés à occuper à la fois les trônes de France et d'Espagne. Enfin, pour repousser jusqu'au misérable prétexte dont on s'était servi pour reconduire, Pedro présenta sur la mort de Gamboa des édairdssements assurément fort inutiles ' . Philippe II connaissait mieux que don Pedro la vérité sur le r61e de Gamboa ^. Il ne répondit pas à ces protestations. La reine Elisabeth avait toudié la terre d'Espagne et le roi jugeait inutile de prolonger la comédie des ménagements.
L'état des n^odations du roi de Navarre avec l'Espagne est précisé, à la fin de la mission de don Pedro, par cette lettre de Sébastien de L'Aubespine au roi^ :
Le s. don Pedro de Navarre partit hier de œste cour, s'en retournant vers le roy de Navarre. Avant son partement, je supplie le noy catholique, suivant les premiers commandemois
t. Dépêche de Pedro dWIbret au roi d'Espagne (Orig. espagnol; Arrh. nau, K. 1493. n* ^t. Le roi de Navarre se cnit obligé de diMiner des explications an roi de France pour prévenir reffét des rapporu malveillants venus d'Eé^paime {LeUrts dAnl. de Bourbon tt Âe Je\. dAibrrU p. 1% et 1?>9).
t. Ciianu^nay, pariant à la duchés^ de Panne et n*a3mnt pas dlnten^t à di5s!^îinuler la vérité, traite Gamboa c d'abusenr » qoi s*est laissie prendre lui-même au f^fce qu'il tendait an roi de Navarre ^Leitr^ du 5 août 1560; Recueil conserve aux areh. de Druxelles^ f. ^'. — Thn>ckmorton en parie anssi avec moins de deuils^ mais dans le même sens a^M-Warr. 1560, p. 141).
«^ Lettre de L'AuSe>spine an card. de Lorraine et au duc de Gaise da .^ juillM i:i6« ^>ng.. t fr.. vol. 15$74, f. $9).
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da roy, sans plus le mener avec lant de vaines paroUes, de me dire s'il y avoit quelque volunté ou intention d'entendre à la récompense conmie il m'avoit autreffois dict^ et aud. s. don Pedro ; ce que Sad. Majesté m*asseura de rechef fort particulièrement, et depuis le duc d'Albe, remectant comme tousjours, teste négociation à Mousson, où les affaires du pais de Navarre que tient ce prince se doivent traiter. Si ce sont parolles ou non, comme l'on en a veu jusques à présent, Ton n'en peult juger. Si est-ce que l'ayant dict assés vivement à Sa Majesté, die me commanda de luy escrire ce que dessus, ainsi que je feis.
Don Pedro d'Albret partit le 2 juillet de Tolède et rejoignit le roi de Navarre au Mas d'Agen, près de Nérac, avant le 4 août. En recevant la lettre de Philippe II, le prince dit qu'il chercherait € un moyen € spécial d'arranger les choses dans un temps si € difficile ^ > D'autres soucis et d'autres illusions, nés de la lutte avec les Guises, occupaient en ce moment l'esprit d'Antoine. Les négociations de la Navarre allaient subir un temps d'arrêt. Pedro d'Albret obtint, en récompense de ses services, un brevet c|ui lui donnait officiellement la qualité de fils naturel du roi Jean, grand-père de Jeanne d'Albret^, et fut envoyé à Rome pour saluer le nouveau pape et prêter le serment d'obédience au nom du royaume de Navarre ^. Don Pedro, qui, en sa qualité de sujet béar-
i. c ... remédie spécial en este tiempo no mal ocasionado. i (Lettre autographe en espagnol de don Pedro d'Albret à Philippe II, du 25 août 1560 ; Arch. de la secret. d'État d'Espagne, leg. 358, f. 67.)
2. Cette pièce en latin, signée d'Antoine et de Jeanne d'Albret,
datée de Nérac et du 4 août 1560, est conservée avec la précédente.
Pedro d'Albret la communique au roi d'Espagne pour appuyer
ses prétentions sur Roncevaux.