Ibid
2. Lettre de Chantonay à Marguerite de Parme, du !•' janvier 1559 (1560) (Recueil conservé aux arch. de Bruxelles). — Les mêmes faits sont racontés dans une lettre de Chantonay à Philippe n, du 10 janvier 1560 (Arch. nat., K. 1492, n* 29).
gardiens entrent à rhôtellerie des Trois^Rois pour c repaître >. Bientôt ils aperçoivent un homme à cheval qui passait et repassait devant la maison. Chacun pensa que la présence de ce cavalier était un signal. Un garde, d'après l'enquête, observa tout haut : c Voilà c un homme qui se promène bien ici devant. > Cependant les prisonniers remontent sur les charrettes ; les sergents leur mettent tes fers aux pieds et les lient avec des cordes. Au moment où la troupe arrivait auprès de la chapelle Saint-Fiacre, entre Giéry et Saint-Mesmin, vers trois heures de l'après-midi, vingt-cinq ou trente hommes de pied, cachés derrière les haies, et sept ou huit cavaliers, la plupart armés de pistolets, d'épées ou de dagues, les uns déguisés sous un masque de taffetas, les autres sous une fausse barbe, se jettent sur l'escorte. Aussitôt les assaillants coupent les sangles des chevaux pour empêcher la fuite des sergents et des postillons et retarder leur arrivée à Orléans. Un jeune garçon, qui venait de Gléry, monté sur un cheval de poste, voulait retourner en arrière. Un cavalier, armé d'un corselet et vêtu d'une jupe de droguet fourré, s'approche de lui le pistolet à la main et lui défend de bouger. Les hommes masqués délient les prisonniers et brisent leurs fers t avec lymes si c affilées qu'en ung moment ils feurent libres, chose c qui donne à penser qu'en ladite troupe il y avoit € des serruriers. > Les cavaliers prennent en croupe les prisonniers les moins valides et la bande s'enhiit par le chemin de Cléry à Olivet.
La nouvelle de cet enlèvement arriva le même jour à Orléans. L'évêque, Jean de Morvilliers, en l'absence du lieutenant du roi, prescrivit une enquête. Lesoffî-
ders de justice se mirent en campagne, se transportèrent sur les lieux, interrogèrent des témoins, dressèrent une instruction. La seule déposition utile était celle du jeune garçon que les cavaliers avaient menacé de mort. 11 croyait, disait-il, en reconnaître plusieurs, mais il ne savait ni leurs noms, ni leurs demeures^.
Quelques semaines après, un courrier, envoyé au roi par le parlement de Paris avec un dossier d'informations judiciaires, ftit assassiné et dépouillé à une demibeue du château de Ghambord^. Gonune les chemins n'étaient pas sûrs, la chancellerie royale, lorsqu'elle expédiait un messager, lui donnait deux dépêches. Tune apparente, l'autre cachée ou cousue dans ses vMements. Au conunencement de janvier, un courrier, porteur d'instructions pour les lieutenants du roi, fut rencontré près de Poitiers par des hommes armés qui lui commandèrent de déposer ses deux dépèches sur lediemin. Le courrier, tremblant, s'exécuta sans résistance et ne reçut aucun mal, mais un des assaillants lui dit que c si le cardinal de Lorraine étoit en leurs c mains, ils luy feroient passer une autre danse^. »
Le progrès des troubles n'échappait pas à l'ambassadeur d'Espagne. Dans ses conversations avec la reine, avec le cardinal de Lorraine ou le duc de Guise, il ne
i. Lettre autographe de Morvilliers au cardinal de Lorraine, du -11 nov. 1559 (f. fr., vol. 15872, f. 220). — Déposition du jeune garçon (V* de Colbert, vol. 27, f. 262).
2. Lettre de Ghantonay à Marguerite de Parme, du 20 décembre 1559 (Recueil conservé aux arch. de Bruxelles).
3. Lettre de Ghantonay à Marguerite de Parme, du 17 janvier 1560 (Recueil conservé aux arch. de Bruxelles). — Lettre du même à Philippe, du 17 janvier (Orig. espagnol ; Arch. nat., K. 1493, no 30).
136 ANTOINB DE BOUEBOM
se lassait pas de présenter Finflexibilité de Philippe II comme un modèle à suivre. Malheureusement, écrit-il à son maitre, en France c les juges ordinaires sont c plus infectés (cantaminadas) que les accusés, qui au c besoin pourraient bien dire aux juges : nous avons c suivi votre exemple. » 11 ajoute que les rares officiers de justice qui essayaient de faire exécuter les édits ne poursuivaient que les accusés de basse extraction ^
Quelques jours après, il dénonce les auteurs cadiés du mouvement : c On murmure, dit-il, que en ces c choses il y ait de Tapuy de M. de Vendôme et de c M. de Gondé pour la religion et que le connétable c s*en entremêle par dépit ^. > Gondé, malgré sa qualité de prince, n'était qu*un sujet du roi, sans autre force que son audace, sans défense contre un procès criminel ; mais le roi de Navarre avait assez d'autorité pour balancer la puissance des Guises. Les étrangers, bien placés pour apprécier les influences qui se partageaient le royaume, reconnaissaient que sa présence dans les rangs d'une conjuration pourrait la transformer en un soulèvement général, c L'inimitié entre c le roi de Navarre et le duc de Guise, dit Tambassa- € deur vénitien, fait craindre la guerre civile, parce c que le roi de Navarre a plus de partisans dans le c royaume que le duc de Guise ^. >
1 . Lettre originale de Ghantonay à Philippe U, du 2 décembre 1559 (Arch. nat., K. 1492, n* 82). Voyez aussi une lettre de Ghantonay à Marguerite de Parme, du 20 décembre 1559 (Recueil conservé aux arch. de Bruxelles).
2. Lettre de Ghantonay à Marguerite de Parme, du 20 décembre 1559 (Recueil conservé aux arch. de Bruxelles).
3. Lettre de l'ambassadeur Michieli à la république de Veniseï
Le l*' janvier 1560, Tambassadeur espagnol aUa féliciter le duc de Guise de la naissance d'un de ses fik. n rencontra à la cour le maréchal SaintrÂndré, qui lui demanda un entretien particulier. Saint-André était le porte-paroles de la reine mère, et, bien que Ghantonay considérât Catherine comme c une c femme douce, n'ayant eu part des négociations c du temps du feu roy et qui s'en abstient^ >, il ne négligeait pas ses ouvertures. Saint-André était chargé de sonder les intentions du roi d'Espagne au sujet des rébellions d'Ecosse, mais l'ambassadeur, feignant de prendre le change, amena la conversation sur les progrès de la réforme. II se plaignit au maréchal que c la fleur de leurs gens (des sujets « du roi) estoit la plus gastée, tant de pied que « de chevaux et la pluspart de la noblesse. » Saint- André promit à court terme des mesures sévères, particulièrement l'abréviation des procédures dirigées €»ntre les hérétiques. L'ambassadeur, dans ses lettres, enregistre sans conviction ces promesses. Il juge que la guerre civile est proche, car, si le roi s'approche de la Guyenne, dit-il, la Normandie et la Bretagne se sou-
^n 5 mars 1560 (Bibl. nat, Dépêches vénitiennes, Mss., filza 4). Les lettres de l'ambassadeur vénitien, dont nous avons fkit un fréquent usage, ne doivent pas être confondues avec les MMations des ambassadeurs vénitiens publiées dans la Collection des €ioeuments inédits pour servir à l'histoire de France par M. Toma- &eo. Les lettres sont conservées aux archives de Venise. Celles
qui intéressent la France ont été copiées ou vont l'être par les
Boins de M. de Mas-Latrie. Il est k souhaiter que cet intéressant
travail soit poursuivi avec activité.
i. Lettre de Ghantonay à Marguerite de Parme, du 5 octobre
1559 (Recueil conservé aux archives de Bruxelles, f. 11 v*).
1«38 ANTOINB DE BOURBON
lèvent; s'il remonte vers le Nord, le Languedoc et la Provence prennent les armes ^
Après les conférences de Vendôme, le parti des princes et la foule ardente des capitaines, qui marchaient derrière eux, avaient mis toutes leurs espérances dans les mains du roi de Navarre. Mais la faiblesse de ce prince en face des Guises à Saint-Germain, à Paris, à Reims et à Blois, découragea les mécontents. Des agents inconnus prirent l'iaitiative que Antoine laissait échapper, et bientôt, dès le mois de septembre 1 559 ^, une conjuration fut résolue, dont Fobjet avoué était le renversement des Guises c usurpateurs de Tautorité c souveraine >. Le roi de Navarre était encore à la cour et demeurait étranger aux menées des ambitieux qui s'agitaient à son profit ; mais sa cause les passionnait, ses partisans tes dirigeaient, et, si le mouvement eût réussi, nul autre que lui n'en aurait recudlli le fruit.
Gasteinau et de Thou racontent que les conjurés, pour mettre le droit de leur côté, consultèrent des doc-
1. Lettre de Ghantonay au cardinal Granvelle, du l*** janvier 1559 (1560) (Recueil conservé aux archives de Bruxelles, f. 31 v«). — La lettre de Ghantonay à Philippe II, du 2 janvier, contient les mêmes renseignements (Orig. espagnol, Arch. nat., K. 1493, n- 28).
2. Soubise, dans ses mémoires, nous apprend qu'il a connu la conspiration dès le mois de septembre 1559 {Mémoires de Soubùe, publ. par M. Bonnet, p. 36). — Voyez aussi la lettre de Galvin, du 16 avril 1561 (Bonnet, Uttres de Calvin, t. II, p. 382). — Vincent Garloix donne à peu près la même date à Torigine de la conjuration (liv. VIII, chap. 4). — Michieli, ambassadeur de Venise, raconte qu'elle avait été organisée un mois après la mort de Henri II (Lettre du 28 mars 1560 ; Mss., Dépêches vénitiennes, filza 4, f. 32).
BT JEANNE D'aLBRET. 139
leurs, des théologiens accrédités en France et en Allemagne. Partout on répondit qu'il était licite, sous la direction des princes du sang, protecteurs-nés de la couronne, de prendre les armes pour délivrer le roi de la servitude^. 11 y eut des conciliabules, sortes de tribunaux secrets, où les Guises, sans avoir été cités, furent condamnés à rendre compte de leur administration'. Lies conjurés n'avouant pas le projet de changer la dynastie ni celui de verser le sang des favoris du roi, ces arrêts prêtaient un semblant de légitimité àTentreprise'.
Calvin fîit consulté et blâma la conjuration^. Mais sa propagande, aussi habile que puissante, allumait un feu que ses conseils ne pouvaient éteindre. Paisiblement installé à Genève, il écrivait à ses coreligionnaires, les encourageait à la résistance, protestait contre les édits du roi, qualifiait les chefs du parti catholique de Satan, de loups, de tyrans, gourmandait lestièdes et louait les martyrs^. Des afïidés colpor-
1. On trouve dans La Popelinière {Hist, de France, t. I, liv. 6) une longue dissertation sur ce point.
2. Mémoires de Castelnau, liv. 1, chap. 8. — De Thou, liv. 24 (1740, t. n, p. 753). — La Planche dit même que le prince de Condé fit faire une enquête par certains « personnages de preudhommie bien approuvée » et que les Guises furent convaincus de plusieurs crimes d'Etat (Edit. du Panth, litt., p. 237). — On jpressent la confiance que mérite cette enquête prétendue.
3. Lettre de Ghantonay, du 3 mars 1560, au cardinal Granirelle (Recueil conservé aux archives de Bruxelles, f. 47, v®). — • ILa Planche assure que les conjurés étaient tous d'accord pour no toucher ni au roi ni à l'autorité royale {Estât de France sous Frantpois If, édit. du Panth. litt., p. 239).
4. Du moins la blâma-t-il après coup TLettre du 16 avril 1561 ; ^Bonnet, Lettres de Calvin, t. II, p. 382).
5. Uttres de Calvin publiées par M. Bonnet, t. II, année 1559.
taient ses lettres de ville en ville. Les ministres les lisaient à la fin des prêches et leur style imagé fanatisait les fidèles. Il fallait trouver un dief. A défaut du roi de Navarre, encore meurtri de son échec à la cour, Gondé, prince sans fcHtune, sans avenir à compromettre, était prêt à tout oaer. Dès le règne de Henri II, il s'était engagé avec les religionnaires , d'abord secrètement, puis avec ostentation, et était devenu Tespoir des ^lises nouvelles. Pas de sermon où il ne fût invoqué conome un sauveur, le saint des derniers jours d'Israël, le nouveau David vainqueur de Goliath. Le saint des derniers jours poursuivait le cours de ses galanteries et ne cachait sous cette vie ftitile que son ambition personnelle. Depuis le commencement du règne de François II, il s'efforçait de se faire des partisans. Il s'hait adressé, entre autres, au maréchal Charles de Gossé- Brissac, capitaine couvert de gloire, qui pouvait devenir l'arbitre de la situation, et lui avait envoyé un messager de confiance, le capitaine Sigongne ^ . Bri&sac, secrètement engagé dans les rangs des amis de la maison de Lorraine, n'avait pas accueilli la proposition^.
Au mois d'octobre, Gondé réunit à La Ferté-sous- Jouarre les principaux conjurés et accepta la direction du complot^. Gependanl il ne prit pas d'initiative
i. Lettre originale de Ck)ndé à Brissac portant créance en faveur du cap. Sigongne, du 10 sept. 1559 (f. fr., vol. 20507, f. 87).
2. Brissac devint gouverneur de la Picardie. Voyez ci-dessus p. 52. Voyez La Planche, p. 217.
3. Ce fait est rapporté par Désormeaux (Histoire de la maison de
apparente. Alors vivait à Berne ^ un capitaine obscur, Jean du Barry^, seigneur de La Renaudie, fils d'un gentilhomme du Périgord'. Ses antécédents étaient peu favorables. Il avait plaidé contre Du Tillet, greffier du parlement de Paris, au sujet de la cure de Ghampniers en Ângoumois^ avait été condamné et exilé par arrêt, conmie faussaire, à la suite de quelques manœuvres pour tromper le parlement ^. Mais il était doué d'une énergie, d'un esprit d'organisation et d'aven-
Bourban, t. IH, p. 337 et 343) ; nous ignorons d'après quelles sources. Le duc d'Aumale fait allusion aux assemblées de la Ferté-sous-Jouarre {Histoire des Condé, t. I, p. 71).
1. De Thoa dit que La Renaudie s'était retiré à Genève et à Lausanne (t. n, p. 754). Mais une lettre du cardinal de Lorraine à Goignet, ambassadeur en Suisse, que nous citons plus loin, dit qu'il vivait à Berne. La Planche est d'accord avec cette lettre {Estât de France sous François II, p. 238).
2. La Planche (édit. du Panth, litt., p. 238) et, après lui, La Popelinière, l'appellent Godefroy de Barry, mais Le Laboureur, qui donne des détails circonstanciés sur son origine et ses alliances, affirme qu'il se nommait Jean du Barry (Mémoires de Casieinau, 1731, t. I, p. 386). — Voyez aussi sur ce personnage voe longue et savante note de Secousse dans les Mémoires de Cwidé, in-4% t. I, p. 332.
3. La haine des Guises parait avoir été traditionnelle dans sa Emilie. Son beau-frère, Gaspard de Heu, s. du Buy, avait été pendu à Vincennes le 4 septembre 1558, sur un ordre du roi, à la Boite d'un voyage en Allemagne, sans faire aucune révélation. h^Epistre envoyée au Tigre de la France accuse le cardinal de Lornine de sa mort. Voyez le procès-verbal de son exécution dans le Tiifre, édit. Read, 1875, p. 103.
4. Brantôme, édit. de la Soc. de l'Hist, de France, t. IV, p. 225. Champoiers est dans le département de la Charente. La cure de cette ville, dit Brantôme, valait 6,000 livres de rente (Ibid.).
S. Sur les antécédents de La Renaudie, voyez les observations dû p. Griffet dans VHist. de France de Daniel, t. X, p. 110. — ^oyex aussi La Place, Estât de religion et république, édit. du ff^^. KM., p. 45).
ture qui lui tenait lieu de crédit. La Renaudie viot à Genève, se targua de l'appui de Goligny et consulta Calvin, qui c le rebouta bien loin. > Malgré le mauvais vouloir des chefs de la réforme, de Calvin, de Pierre Yiret et de de Bèze, La Renaudie c desbaudia » un grand nombre de gentilshonunes parmi les fidèles que la persécution des Guises avait obligés de se retirer en Suisse ^ De là l'infatigable capitaine passa à Paris, eo Angleterre, où la reine Elisabeth lui promit un secours qui ne devait pas lui manquer *, en Normandie, en Bretagne, en Guyenne^, visitant les gentilshonmies connus par leur hostilité contre les Guises, reçut des engagements, enrôla des capitaines à la mode d'Allemagne, c'est-à-dire sans leur révéler le secret de son entreprise^, aussi habile à multiplier ses partisans qu'à faire passer dans leur àme la confiance dont il était pénétré. Les historiens sont unanimes sur Timmenûté de ses préparatifs et sur le nombre de ses complices. Il semble que, dès la fin de l'année 1559, les prc^rès
1. lettre de Calvin, du 16 avril 1561 (Bonnet, Lettres de Calvin^ t. II, p. 382).
2. Lettre de Ghantonay à la duchesse de Parme, du 18 mars (Recueil conservé aux archives de Bruxelle4B, f. 54). — Lettre du môme au cardinal Granvelle, du 3 mars (Ibid., f. 47, \^), — Dans la plupart de ses lettres, Ghantonay revient sur l'appui prêté par la reine d'Angleterre aux conspirateurs.
3. La Renaudie passa notamment en Périgord et chercha à enrôler Tofficial de Périgueux. Voyez les aveux de Tofficial (Boscheron, Hist. du Parlement de Bordeaux, t. I, p. 130). Il est vrai* semblable que La Renaudie faisait des communications analogues à tous ceux qu'il supposait favorables à son entreprise.
4. Dupleix, Histoire de France^ 1628, t. III, p. 606. L'auteur prétend tenir le fait de la bouche même d'un de ses parents qui recula d'horreur en apprenant d'ailleurs l'objet de la conjuration.
BT JBANNE d'ALBRET. 143
de la réforme et la persécution religieuse avaient déjà partagé la France en deux camps. Tel était le fruit de Tadministration des Guises après moins de six mois de gouvernement.
Au conmiencement de janvier, La Renaudie, se sentant assez fort pour passer à l'action, réunit ses complices à Âubonne, dans le pays de Yaud S puis à Lyon, dans une chambre haute, chez un bourgeois de la ville, nommé Pierre de Tarrasson ^. Les conjurés présents étaient au nombre de douze, le s. de La Rivière de Ghasteauneuf c qui a, dit un témoin, du taffetas noir c au bout du nez, qu'il a couppé >, Vincent, Constantin, Nadard, Claude Gousset, un ministre, logé secrètement chez Tarrasson, et quelques autres dont les noms sont inconnus ^. La Rivière c proposa que c les églises de France s'assembloient pour délibérer c de grands affaires, requérant que les susdits déclaic rassent s'ils vouloient estre de lad. assemblée. » Tous les assistants s'y engagèrent c pourvu que ce ne € fut contre l'honneur de Dieu ny du roy > et promirent de marcher au premier appel sous les ordres de leur chef\ A la suite de plusieurs conciliabules^, ils
i. D'Aubigné, Histoire universelle, 1626, col. 124.
2. Enquête sur les troubles de Lyon, du 8 sept. 1560 (Arch. des Basses- Pyrénées, E. 582). — Le Frère de Laval mentionne aassi cette assemblée cbez Tarrasson (Hist, des troubles, 1578, f. 108 V).
3. L'enquête sur les troubles de Lyon (Arch. des Basses-Pyrénées, E. 582) nomme ces conjurés.