GUYENNE
Montauban. Uévêque, Jacques Desprez de Montpezat. — Les ministres Crescent^ Vignaux et Bernard Cou- Ion. — Terride à Montauban. — Le poète Jean de Bouger aye. — Le parlement de Toulouse envoie une commission à Montauban.
Comté de Rodez. Le cardinal d'Armagnac lutte contre la propagande réformiste. — Vévêque de Vabres et le s. de Belcastel s'emparent de Milhau. — Ville^ franche de Rouer gue.
Basse-Guyenne ou Bordelais. Charles de Coucy^ s. de BuriCy Pierre d'Ossun et Antoine de Noailles. —
Français de Peyrusse, comte d'Esears. — Les troubles sont apaisés par le roi de Navarre. — Son voyage à Bordeaux (fin juin 1 560) . — Le château de Blaye et le phare de Cordouan. — Troubles en Bazadais.
— La ville de la Réole.
Albrety Condomois^ Agenais et Armagnac. Jean Voisin et Jacques Fontaine à Agen. — Arrestation de Fonr taine et son interrogatoire par une commission sous la présidence de Biaise de Monluc. — Prise d'armes dus. de La Maurelle. — Fuite du ministre Fontaine.
— Troubles à Monhurt et à Villeneuve^ Agen. Landes. La ville de Dax. — Les habitants de Bergouey
et d*Arancon. — Bayonne; Adrien d'Aspremont^ vicomte dOrtes.
Périgord. Rupture des portes des prisons de Bergerac et de Sainte-Foy. — Bénis Daytz^ s. de Meymy. — Le ministre Ma%et. — Armand de Gontaut^ baron de Biron.
Saintonge; le sire d'Estissac. — Assemblées publiques à Cognac. — Désordres à Angoulême. — Guy Chabot de Jamac à la Rochelle. — Paul de La Barthe^ marechai de Thermes ^ envoyé en Saintonge.
Poitou; le ministre Pymet à Niort. — Règlement du lieutenant général, François Aubert, à Poitiers (S3 sept. 1559). — Réunion des gentilshommes du Poitou (avril 1560). — Profession de foi des calvinistes de Châtellerault (oct. 1560).
Appréciation de Lansac, de Burie, de d'Ossun, de Noailles sur Vétat général de la Guyenne. — Orgor nisation fédérative des églises réformées.
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Tandis que les huguenots * se Êûsaient dédmer f>oar l'élever au pouvoir, le ïxà de Navarre attendait en Guyenne l'heure de se venger des Guises. Son influence s'exerçait dans le sud-ouest du royaume au double titre de roi de Navarre et de lieutenant du roi. Gomme roi de Navarre, il était maître absolu et ne devait au roi de France que des hommages féodaux sans perlée administrative. Goaune gouvarneur de Guyenne, il n'était qu'un capitaine au service du roi et devait obéir aux Guises. La politique du prince, pendant la seconde moitié du règne de François U, mérite donc d'être étudiée succes«vement à ces deux points de vue.
4 . On a beaucoup disserté sur TorigiDe da moi huguenot. L'opinion la pins répandue est que ce mot est an diminutif du mot Bugon, roi fiintastique qui figure à Tours dans certaines légendes comme le moine bourru à Plris ; mais l'opinion la plus yraisemblable, émise par Ranke {Histoire de France au IVI* siècle, t. I, p. 155, 193 et 196), rattache Tétymologie du mot huguenot au mot allemand eidgenossen (alliés, confédérés). La qualification de huguenot commence à se répandre vers l'époque de la conjuration d'Amboise. Le premier document original où nous l'ayons trouvé est une lettre de Ventadour au connétable, du 18 mars 1559 (1560) (f. fr., vol. 3158, f. 74).
Sur l'origine de ce mot et de ses synonymes croyants, christau^ dins, religionnaires, parpaillots, voyez La Planche, p. 262, De Thou, t. n, p. 766, Lettres de Pasquier, liv. IV, lettre 4, Mémoires de Castelnau, t. I, p. 35i, édit. de 1731. Voyez surtout une dissertation contenue dans le Bulletin de la Société de Vhistoire du proiestantisme français, t. VI, p. 288, t. Vni, p. 13, 120, 175 et 380, t. IX, p. 20, 119, 209, 284 et 379, t. X, p. 439.
BÉARN
Malgré Téchec de son voyage à Saint-Germain, aux mois d'août et de septembre précédents, malgré la prudence que lui imposait la défaveur crdssante dont il était Tobjet, le roi de Navarre ^ait revenu de Roncevaux avec l'intention de brav^ ses ennemis, les Guises et le roi d'Espagne. Dès son retour à Pau, il livre son royaume au souffle perturbateur de Genève. Sans bruit, sans ostentation, il accueille les prédicants et les fait prêcher devant lui. Olhagaray cite Amault-Guilhem Barbaste, carme apostat, et François Le Gay, dit Boisnormand, conune les docteurs les plus en crédit en Béarn, pendant le r^ne de François II ^ . Quelques gentilshommes de la cour de Pau suivaient l'exemple du prince, entre autres Antoine d'Aure, comte de Gramont. Ce seigneur, lieutenant de la compagnie du vidame de Chartres, était jeune et riche et n'avait d'autre culte que celui de ses plaisirs. Sa femme montrait plus de zèle en faveur de la réforme. Malheureuse et délaissée par son époux, elle avait confié ses infortunes conjugales à Calvin, qui lui conseilla la résignation dans une lettre qui est un éloquent traité de sagesse et de vertu pratique ^.
Le royaume de la maison d'Albret n'avait encore subi aucun ébranlement. La réforme n'y avait point de racine à la fin du règne de Henri II. Dans la Basse-Navarre et dans les provinces basques, l'in-