T. I, p. 232 et suiv
3. Copie authentiquée (t. YI des Establissements de Béam, f. 101 ; arch. des Basses-Pyrénées, G. 684). La pièce est en patoin du pays, mais nous la traduisons en français.
son devoir et tout ainsi comme il est contenu en son appointement et porté à la fin de lad. requête. Toutesfois, depuis, led. seigneur commissaire a suspendu Texécution dudit appointement, déclarant vouloir le rédiger en meilleure forme et le fidre promulguer solennellement pour luy donner plus grande autorité et ie faire mieux observer. Ce qui n'a pas été flût ni autrement esté pourvu. A cause de ce, lesdits scandales et inconvénients, exposés dans lad. requête, durent et continuent encore, plus grands que jamais, comme par expérience il est démontré, à la grande ruine du présent pays, si par vous il n'est autrement remédié. C'est pourquoylesd. gens des Bstats vous supplient plus humblement qu'il vous plaise remédier sur le tout, et, en conflrmant lesdites ordonnances, ordonner, de par votre autorité, qu'elles soient publiées et promulguées de nouveau et observées sous des peines certaines et rigoureuses, faute de quoy il sera advisé par Vos Msgestés pour le mieux. Et ce aux fins que Dieu soit servi, ses commandements et ceux de la sainte Esglise gardés et observés, toutes erreurs et scandales évités, pour le bien, repos et tranquillité de votre présent pays. Et, quant à la résidence des curés dans leurs paroisses, ainsi qu'aux autres demandes des Estats, leur octroyer les fins et conclusions exposées dans leurs requêtes. Moyennant quoy ils continuent à prier Dieu pour Vos Majestés.
L'inexécution des décisions arrêtées par rassemblée de Tannée précédente est le plus important des faits signalés dans cette requête et révèle la politique du laissez-faire que pratiquait, sans Tavouer, le roi de Navarre. Le prince fît répondre par son chancelier :
Le roy et la royne, seigneur et dame, souverains de Béam^ savent que la principale cure du fait de la religion appartient aux évéques et dépend de leur devoir. A ces causes, ils veulent que leurs subjets soient bien instruits sur le fait de religion. Ils ont pensé que ie mieux était de déléguer ceste charge aux évèques de leur pays, terres et seigneuries, auxquels ils ont
BT JBANNB d'aLBRBT. 237
enjoint, selon la loy de Dieu, et comme il est porté par rEscripture sainte, de purement et simplement annoncer la parole de Dieu, ainsi que bons pasteurs vigilants sur leur troupeau ; et, s'il y a quelques hérésies qui &ssent des prosélytes dans leurs dioeéses, de s'en mquérir soigneusement et les rétorquer vivement, et, par leurs saintes doctrines, vertus et remontrances, les remettre en lad. voye. Et, s'il arrivoit que aucuns desd. évêques ne voulussent foire cet ofBoe, auquel ils sont voués. Leurs Majestés leur enjoignent de envoyer à leurs despens gens de bien, de savoir et d'expérience es lettres saintes, pour habilement remplir l'office évangélique et prêcher purement la vie de salut au pauvre peuple. Et, si lesd. prélats s'y reAisoient ou montrdent de la négligence, Leurs Majestés y pourvoiront, de ftçon que chacun connaîtra par expérience le zèle qu'ils ont pour la vie vertueuse et sainte instruction de leur peuple. Et ils feront en tout ce que bon prince et princesse fidèle peuvent et doivent &ire pour ramener toutes choses à l'obéissance de la sainte et catholique religion.
Fait à Pàu, le W jour du mois de mai 4560.
Par commandement du roy et royne, seigneur et dame souverains.
Monseigneur Bouchart, chancelier de Béam et Foix.
Présent, Moscan, secrétaire.
Quelques jours se passèrent dans une vive agitation . Les meneurs des deux partis tiraillaient en sens inverse le gouvernenoient du roi et de la reine de Navarre. Enfin les catholiques Tenoiportèrent et signifièrent au prince une seconde déclaration, qui est une mise en demeure impérative :
Au roy et royne.
Pour le bien, repos et tranquilité de vos subjets et cause publique, attendu les inconvénients, scandales et dangers, qui joumeUement se présentent, les Estats vous ont remis la requête ci-jointe, et vous suppUent très humblement. Sire et Madame,
{Tavoir le tout en considération et d'y vouloir pourvoir, de sorte que tout inconvénient sera évité, par le meilleur et plus expédient moyen que &ire se pourra.
Parchade, syndic de Béam.
Prat, syndic de Béam.
Le roi de Navarre répondit par une déclaratioD sans franchise et qu'il était bien résolu à ne pas tenir.
Le roy et la royne, souverains de Béam, exortent de nouveau les évêques de s'acquitter de leur charge et devoir pour instruire les consciences de leur peuple de bonne et sainte doctrine, accompagnée de bonnes et saintes œuvres, et de mettre obstacle à toutes erreurs et opinions mauvaises, afin que Dieu soit en tout et partout honoré et servi saintement et religieusement dans le présent pays. Et si, pour remplir ce devoir, les évoques ont besoin que Leurs Majestés leur tiennent main-forte, tout secours leur sera octroyé quand ils en présenteront réquisition à Leurs Majestés.
Fait à Pau, le 46 mai 4560.
Pour commandement du roy et royne, seigneur et dame souverains de Béam,
Messeigneurs les évêques d'Aire et d'Oléron présents,
Sponde, secrétaire ^
A peine les députés étaient-ils rentrés dans leurs bailliages que le roi de Navarre avait oublié ses promesses. Les requêtes des États et les déclarations du prince passèrent à l'étal de lettre morte. Un mois à peine après la session, le duc d'Albuquerque écrit au roi d'Espagne que, c pour ce qui concerne
1. Copie authentiquée (t. VIdesEstabl. de Béam, f. iOI ; arch. des Basses-Pyrénées, G. 684).
BT JKAHHK B'aLBRBT. 239
c l'hérésie, les «ffiires vont de mal en pire ; car, dît-0, c seloD les «TÎsqiie j*ai reçus, oo prèdie poblîqueiiient c à Pu les doctrines de la secte de Luther*. »11 ajoute 00 détafl cpii léfile i lui seul la politique à double (aœ du priooe : c ... hiencpie, dil-fl, Yendâme et sa femme c assistent i la messe*. »
Gomme gouverneur de Guyenne, le roi de %ivarre gardait les afyarences du plus fidèle des lieutenants du roi. Attentif aux ordres des fiiToris de François D', fl maintenait la paix pubfiqœ. feisait exécuter les édits, dissipait, sans les déoouF^er, les conventicules les plus bnnrants et réprimait les séditieux trop pressés d*cn appeler aux armes. Cependant il laissait la réforme s*a¥anocr pas à pas jnsqu^au cœur du rojaume, dans les campagnes et dans les villes ou rinflnenœ des parloneirts était allaihiir *.
A Hontauban ^, où la réibrme devait prendre de û