Commentaires et lettres de Biaise de Monluc, t. V, p
3. Lettres d* Antoine de Bourbon et de Jehanne d'Albret, p. 203.
4. Séance du 25 juin 1560 (Reg. secrets du parlement de Bordeaux ; Mss. de la bibl. de Toulouse, B. 94).
à la reioe mère et aux Guises de son voyage et de Fétat de la province. Ses trois lettres semblent inspirées par le désir de diminuer l'importance des troubles: c TaybieD connu, dit-il avec une familiarité rassurante, le loup n'estre si grand qu'on le m'avoit faict. > Il regrette presque que les officiers du roi aient troublé son repos pour si legieres occasions, qui ne se peuvent recognoistre quand on s'en approche, et qui s'esvanouissent comme les ténèbres quand le soleil se montre, » et traite les capitaines, les magistrats alarmistes de c gens d'assez léger cerveau, peu expérimentez en matières d'estat et ne considérant la certaineté qu'ilz doibvent avoyr des chouses avant que d'en empestrer les aureilles d'un si grand prince. > Il se console de son déplacement en l'utilisant au profit de ses plaisirs : c Toutesfois, pour me rembourcer de l'ennuy que ces belistres me donnent, j'espère à l'issue d'icy m'en venger sur les perdreaulx, et, au partir de Bordeaux, demeurer huit jours entiers sans cesser de chasser ^. > Dans ces trois lettres, écrites du ton dégagé d'un seigneur qui n'a pas d'autre ambition que celle de trouver des délassements innocents, Antoine ne fait aucune allusion à l'arrivée du prince de Coudé, le grand coupable de la conjuration d'Amboise, qu'il attendait le jour même ou le lendemain.
Des rivalités de compétence avaient surgi à Bordeaux depuis le conmiencement du règne de François II. Les crimes d'hérésie étaient jugés devant les tribunaux ecclésiastiques en premier ressort et devant
i. Lettres d'Ant, de Bourbon et de Jeh. d'Albret, p. 202 à 210.
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le présidial en seconde instance^. Le parlement, offensé d'être dessaisi de la plus importante de ses attribu- UoDS, remontra au roi que la lenteur des juges d'Église nuisait à l'expédition des affaires et donnait naissance à des attaques contre les prisons, à des délivrances à main armée qui terrorisaient les gens de justice. La cour envoya, le 2 juillet, le procureur général de Lescure, porteur de ses plaintes, à Fontainebleau. Lescure rapporta le 31 juillet une lettre du roi qui intimait à la cour l'ordre d'obéir à l'édit ^. Ces difficultés s'ajoutaient à celles que faisaient naître les troubles de la province.
Les mesures de défense prises par les officiers du roi assurèrent la tranquillité de la ville pendant les deux derniers mois du règne de François IL Aussi bien, à cette date, les événements se précipitaient. Amis et ennemis des Guises sentaient que la question se viderait ailleurs qu'à Bordeaux. Cependant Noailles sollicite, le 6 octobre, une augmentation de 30 hommes pour garder les portes ^. Le s. de Gugnac, gouverneur du château du Ha, négUgeait l'exercice de sa charge qui lui rapportait peu de profit. Noailles demande à le remplacer par le capitaine Âuros ^. Au mois de novembre,
1. Au milieu de l'obscurité qui entourait la législation contre les hérétiques, cet édit avait été maintenu par le parlement de Bordeaux (Registres secrets ; délibération du 3 juillet 1559 ; bibl. de Toulouse, Mss., B. 94).
2. Registres secrets du parlement de Bordeaux, séance du 2 et du 31 juillet (Mss. de la bibl. de Toulouse, B. 94).
*3. Lettre de Noailles au duc de Guise du 6 octobre 1560 (Minute orig., f. fr., vol. 6908, f. 131).
4. Lettres de Noailles du 8 et du 21 octobre (Minutes orig. sans adresse, probablement adressées au roi ; f. fr., vol. 6908, f. 133, 91 et 107).
NoaiUes envoie au roi des nouveUes plus rassurantes ^ I ^ liais il estime que, pour assurer le calme de la viDe, 1 ^ il est nécessaire c d*y faire un peu de diastiment, en I ^ c quelques lieux particuliers, des plus rebdles, obsti- I ^ c nez et entreprenans esprits ^. » I
Le gouvernement des Guises s'épuisait en dons pour se créer des partisans. Guy Chabot de Jamac, trans- | ^ fuge du parti des Bourbons, et Paul de Fmx, seigneur de Candale, obtinrent Tordre de Saint-Michel. Burie fut chargé de leur remettre le collier et de recevoir leur serment '. Le s. de Favas, maire de Bordeai^^ depuis le 31 janvier 1539 (1560) ^, fut rraaplaoé ^/^ milieu de novembre par Antoine de Noailles. L'éle*^* tion fut ratifiée par le roi ^.
Mais la mauvaise administration des Guises leu--^ créait plus d'ennemis que les faveurs n'adietaient ^^ mécontents. Le château de Blaye, conunandé par PoiK==^^^ de Polignac, s. des Roys, et par le lieutenant MabnirC^*^^' capitaines de deux compagnies. Tune de 30, Tautred^^^^ 100 hommes^, était délaissé, sa garnison incomplètc^^^-^»
i. Lettre de Noailles au roi, du 3 novembre 1560 (Minute O'^::^^ copie ; f. fr., vol. 6908, f. 33*2). Plusieurs capitaines confirmenr»- -^l ces nouvelles.
2. Lettre orip. de Noailles au roi, du 21 octobre 1560 (f. fr ^Mm vol. 6908, f. 91).
3. Lettre de Burie et de Paul de Foix au roi, du 18 nov. ihk — ^ùO (Vc do (A)lbert, vol. '27, f. 179 et 180).
4. Lettre de Geneste de Favas à son père, du 22 octobre i^~ ^>0 {Arch. de la Gironde, t. III, p. 81).
5. Lettre autographe de Jeanne dcGontaut, dame de Noailles.^ à l'èvèque de Dax, du 20 novembre 1560 (f. fr., vol. 6910, f. 19*^ )- — Lettre de Noailles au roi, décembre 1560 (Minute orig., ibi^ï- -,
6. État des garnisons de Guyenne (f. fr., vol. 15872, f. 116).
ses fortifications presque en ruines. Lansac le visita au mois de septembre et prescrivit des réparations qui ne furent pas exécutées faute d'argent^. Les feux qui, de temps inmiémorial, depuis la conquête des anglais, étaient allumés sur le phare de Gordouan, n'étaient plus entretenus faute de paiement des gardiens de la tour^. Les soldats des châteaux du Ha et Trompette n'avaient pas été payés depuis plus de trois ans. La misère, mauvaise conseillère, les mettait à la discrétion des factieux. La plupart, dit Noailles, c pour c dix écus entreprendroient quelque bonne folye^. » Burie lui-même et Noailles ne pouvaient obtenir leur solde ^. Yaillac éprouvait un dépit d'une autre sorte : le roi ni les Guises ne lui écrivaient guère, tandis que les lettres abondaient à l'adresse des autres capitaines. Ce grief de courtisan jetait tant d'amertume dans sa vie que Burie en écrivit au duc de Guise ^. Les Bordelais élevaient une réclamation plus sérieuse. D'anciens édits frappaient le conunerce des vins du droit d'un écu par tonneau. Le roi, pour se rattacher les
i. Mémoire sans date du s. des Roys, capitaine de Blaye (copie du temps ; f. fr., vol. 15871, f. 142). — Lettre de Lansac au roi, du il sept. 1560 (Orig., f. fr., vol. 15873, pièce 43).
2. Enquête dressée le 12 septembre 1559 par Bertrand Leziers, procureur du roi en la grande sénéchaussée de Guyenne (f. fr., vol. 15872, f. 161).
3. Mémoire original de Burie, du 14 septembre 1560 (f. fr., vol. 15873, pièce 5). — Lettre de Noailles au duc de Guise, du 18 novembre (Minute orig., f. fr., vol. 6908, f. 137).
4. Lettre orig. de Burie au duc de Guise, du 3 nov. 1560 (Vc de Golbert, vol. 27, f. 144). — Avertissement en date du 13 nov. 1560 (f. fr., vol. 15871, f. 95).
5. Lettre orig. de Burie au duc de Guise, du 3 novembre 1560 (Vc de Golbert, vol. 27, f. 144).
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Bordelais, très attachés de tout temps à la liberté des échanges, supprima cet impôt. Mais les lettres patentes, qui défendaient aux officiers du fisc de Timposer au vendeur, offraient une amphibologie qui permettait aux collecteurs Ae Fimpôt d'exiger de Tacheteur le paiement de la taxe entière. Ainsi les entraves demeuraient les mêmes. La ville envoya un jurât, et Burie et Noailles écrivirent au roi pour obtenir une nouvelle déclaration ^ .
La Basse-Guyenne, le Médoc avaient joui pendant le règne de Henri II d'une tranquillité parfaite. Après le traité de Gateau-Gambrésis, la réforme commença à y faire des progrès. Paul de Foix surprit un jour, dans une paroisse éloignée de Hédoc, un ministre qui avait pris la place du curé. Il disait une sorte de messe et célébrait régulièrement les cérémonies de son culte. Paul de Foix fit saisir ce réformateur et Tenvoya à l'auditeur de l'archevêque de Bordeaux'.
Bientôt les prêches, les assemblées nocturnes, avec ou sans armes, les actes de pillage, les attaques contre les églises et les chapelles isolées se multiplièrent. A Monségur, dans le Bazadois , il y eut , au mois de décembre 1559, c beaucoup de désordre et escaoc dales > . Le parlement de Bordeaux y envoya une
1. Lettre de Noailles au duc de Guise, du 6 octobre 1560 (Minute orig., f. fr., vol. 6908, f. 131). — Lettre orig. de Burie au roi, du 3 nov. 1560 (Vc de Golbert, vol. 27, f. 142). — Le paiement de cette taxe fut Tobjet, de la part de marchands anglais, de protestations et de désordres qui sont racontés dans une lettre du président Fauquerolles du l*' décembre 1560 (Orig., Vc de Golbert, vol. 27, f. 220).
2. Lettre orig. de Paul de Foix, du 18 octobre 1560, au cardinal de Lorraine (Vo de Golbert, vol. 27, f. 64).
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ocmimissîon qui ne put exercer son office. Jacques de Hontbron, seigneur d'Âuzance, gentilhonmie de la chambre du roi, député au roi de Navarre, était alors de passage à Bordeaux. La cour le retint et lui enjoignit de marcher contre les séditieux de Monségur avec les soldats qu'il pourrait rassembler. Mais les coupables restèrent impunis. Deux mois après, le roi de Navarre fut obligé de demander du secours contre eux aux consuls d'Agen^ et le parlement de dresser une nouvelle instruction, qui resta probablement sans suite , car il n'en est plus parlé dans les documents originaux^.
A la fin de mai 1 560 , les troubles , survenus dans le ressort de la sénéchaussée, surtout à Tonneins, détemunèrent l'envoi d'une seconde conunission parlementaire, composée du président Fronton de Berault et du conseiller Montaigne^. D'Ëscars mit sous leurs ordres le capitaine Des Bories, enseigne de la compagnie du prince de Navarre, et pressa leur départ. Après d'assez longs délais, les commissaires se mirent en route le 12 juin^. Quelle qu'ait